Concert classiques - Ardents Dialogues

Quel privilège pour les mélomanes montréalais de pouvoir vivre en moins de quinze jours trois grands opéras de la rédemption: Dialogues des carmélites, Parsifal (au cinéma demain) et Dead Man Walking (à l’Opéra de Montréal le 9 mars).


La première du chef-d’oeuvre de Poulenc à la Salle Claude-Champagne, jeudi, permettait aussi d’éviter de cautionner implicitement l’OSM dans sa discutable invitation au sulfureux Monsieur Pletnev…


Une fois de plus, l’Université de Montréal donne le ton en matière de spectacle lyrique monté avec goût, astuce, tact et efficacité. Tant le scénographe, Carl Pelletier, que l’éclairagiste, Nicolas Descoteaux, ont donné un cadre juste et fonctionnel à l’excellent metteur en scène François Racine. Faire autant et aussi bien avec des moyens aussi simples est brillant.


L’autre vainqueur presque trop glorieux de la soirée fut Jean-François Rivest avec sa direction acérée, mordante, qui frise l’exaltation. Presque trop glorieux, car, avec la disposition de l’orchestre, au balcon le volume sonore perçu est quasiment insurmontable pour les chanteurs. Dialogues des carmélites devient un gigantesque poème symphonique avec voix.


Une représentation estudiantine de cette oeuvre fait face à l’impossible défi des générations. Difficile pour une jeune femme de chanter avec l’airain d’une sexagénaire le rôle de Mme de Croissy. Erica Lee Martin s’est tirée brillamment de ce piège sans trop en faire. Les deux vraies révélations vocales ont été Perrine Dubois en Constance à l’étonnant abattage et Jean-Philippe Fortier-Lazure, le meilleur jeune ténor québécois entendu depuis longtemps. Carol Léger (Blanche), Charlotte Gagnon (Mère Marie) et Geneviève Colletta (Mme Lidoine) ont été dignes des rôles qu’elles interprétaient. Il faut souligner la qualité de prononciation française de tous.

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