Montréal en lumière - Piazzolla de père en petit-fils

Daniel Piazzolla, dit Pipi, vient livrer samedi soir à L’Astral un vibrant hommage à son célèbre aïeul en interprétant les œuvres de Piazzolla Plays Piazzolla.
Photo: Montréal en lumière Daniel Piazzolla, dit Pipi, vient livrer samedi soir à L’Astral un vibrant hommage à son célèbre aïeul en interprétant les œuvres de Piazzolla Plays Piazzolla.

Le grand-père Astor avait réussi à repousser les frontières de l’histoire en soudant le tango au jazz contemporain et à la musique sérieuse. Le petit-fils Daniel a retenu de l’oeuvre une vision encore plus jazz.

Bandonéoniste, le premier a souvent créé des pièces rythmiques sans instrument de percussions. Batteur, le deuxième a formé le sextuor Escalandrum sans bandonéon ni violon. Daniel Piazzolla, dit Pipi, vient livrer samedi soir à L’Astral un vibrant hommage à son célèbre aïeul en interprétant les oeuvres de Piazzolla Plays Piazzolla, un disque paru en 2011 qui fut nommé aux Latins Grammys et qui a remporté un Gardel de Oro en Argentine.


Pipi est aussi le fils du pianiste Daniel Piazzolla. Il se souvient de la famille : « Mon grand père Astor fut une grande personne. J’ai eu la chance d’assister à plusieurs de ses concerts, dont celui qui fut le plus important pour lui au Teatro Colón en 1983. J’ai pu le voir en répétition et en sessions d’enregistrement. En tant que musicien, il fut un génie qui a écrit une musique sublime qui reflète dans une seule chanson tous les états d’âme que peut contenir une oeuvre. Mon père a joué avec lui pendant cinq ans durant les années 1970 et je me suis moi-même produit avec mon père au sein de l’Octeto Piazzolla dans les années 1990. »


En 1999, Escalandrum est créé et fait paraître Bar Los Amigos, un premier disque au parfum de latin jazz avec percussion afro-caribéenne et instruments électriques. Puis le groupe deviendra plus acoustique et précisera sa démarche. « Ce fut l’époque de la grande crise argentine, le pays était détruit et une conscience nationaliste s’est développée. On a commencé à mélanger le jazz avec les rythmes argentins sans perdre l’essence du jazz », affirme Daniel « Pipi » Piazzolla.


Et comment cela a-t-il été reçu ? « Souvent, les Argentins ne s’identifiaient pas au jazz, mais avec un jazz plus argentin, ils ont commencé à l’accepter. Et le genre a pris de l’envergure. Aujourd’hui, on compte à peu près 200 groupes de jazz argentins qui peuvent se produire dans une cinquantaine de lieux à Buenos Aires. Je pense que la capitale est devenue l’une des meilleures places pour le jazz dans le monde. »


Le disque Piazzolla Plays Piazzolla d’Escalandrum révèle la pulsion et la gravité du tango, mais le vocabulaire et les harmonies du jazz. Pipi Piazzolla s’avère un batteur vitaminé et polyvalent, alors que les saxophonistes et le clarinettiste tracent les contours mélodiques. « C’est une manière différente de rendre hommage à mon grand-père. Souvent, les artistes reproduisent ses oeuvres de manière intégrale, mais sous cet angle, personne ne le fera mieux que lui », soutient le petit-fils.


Ne reste qu’à goûter les pièces moins connues et des classiques comme Oblivion, Escualo, Libertango et Adios Nonino, le Love Supreme piazzollien.


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Collaborateur

1 commentaire
  • Daniel Saindon - Abonné 28 février 2013 10 h 43

    2 et même 3 premio-Gardel pour Daniel "pipi" Piazzolla

    Les prix Premios Gardel sont des récompenses décernées dans une quarantaine de catégories musicales et qui sont décernées par la CAPIF qui représente l'industrie du disque en Argentine, comme sont les FELIX au QUébec, décernés par l'industrie québécoise du disque.
    En 2012, le groupe de Daniel Piazzolla, ESCALANDRUM se méritait le Premio Gardel du meilleur album de jazz de 2012, de même que le Premio Gardel D'or décerné à l'album de l'année toute catégories.
    Il est bon de mentinner que le même Daniel Piazzolla se méritait en 2005 un Premio Gardel dans la catégorie nouvelle formation de tango, pour l'album l'excellent album "Para la guerra del tango" de Carlos Cutaia sur lequel Daniel Piazzolla jouait les percussions.