Montréal en lumière: Moran à L’Astral - Ce spectacle qui deviendra le sien

Ça s’en vient, JF Moran, bientôt ce spectacle sera le tien. M’entendais-tu penser, en deuxième partie lundi à L’Astral, résonnait-il jusqu’à toi le vacarme en dedans alors que je te haranguais, te harponnais, te tirais à l’avant-scène ? As-tu senti la joie m’envahir quand tu as fini par la prendre quelques instants, cette place qui te revient pourtant de plein droit ?

Il t’aura fallu Aragon et Ferré en renfort, Est-ce ainsi que les hommes vivent, pour que tu comprennes que c’est ainsi que tu dois vivre ta vie de chanteur sur scène, t’assumant Moran, auteur-compositeur-interprète d’exceptionnelle valeur, digne du projecteur. Sans doute était-ce pas mal inconscient, sans doute la confiance a-t-elle grandi d’elle-même, la qualité de l’écoute à travers L’Astral devenant de plus en plus indéniable. Mais arrivé à Coffee With The Moon, c’était splendide, il n’y avait plus que toi, on n’avait plus à faire d’effort pour éviter de regarder tes amis musiciens en mener large, large. Ça a tenu le temps de Darfour, t’avais l’intensité qu’il fallait, ton indignation t’appartenait.


Il y a eu lâcher-prise vers la fin, tu t’es laissé à nouveau noyer dans les grosses vagues de guitares de Thomas Carbou et empêtrer dans la batterie tentaculaire de Sylvain Coulombe, comme en première partie. Quelle idée, aussi, de te les flanquer de part et d’autre comme un power trio. Générosité mal placée, JF.


Je te parle aussi crûment parce qu’on se dit toujours la vérité quand on se voit, et on se voit depuis le tout début, hein ? À Ma Première PdA en 2005, déjà ! Ne mesurais-tu pas ce lundi le chemin parcouru ? Moi si. Je mesurais aussi le chemin qui reste à faire. Quand ta Catherine Major bien aimée s’est amenée pour Los Angeles, fût-ce discrètement, elle prenait toute la lumière, et pas parce qu’elle est très, très enceinte. Seconde nature chez elle. Pas chez toi. Pas encore. Bientôt, cependant, j’en jurerais.

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