-M- au Métropolis - Îl et nous

Les Québécois aiment l’éclectique rockeur français -M-, et ce dernier le leur rend bien. Matthieu Chedid est certainement devenu un des artistes de l’Hexagone les plus fidèles à notre coin de planète. Mais il faut le dire, les derniers concerts de Chedid à Montréal en étaient de rodage. C’était également le cas jeudi soir dans un Métropolis bondé.


Mais contrairement à 2009, on n’a heureusement pas eu droit à un coup de pratique, ou à une demi-performance, mais plutôt à un vrai concert solide, intense, bien équilibré, entre le rock accrocheur et les moments doux.


Il faut dire que la formule à trois adoptée par Chedid est un parfait compromis pour son répertoire. Accompagné d’une batterie et d’une basse-guitare (une « basse-tare », comme ils l’ont nommée), qui est doublée d’un genre d’ordinateur, le chanteur a su rendre la puissance de ses pièces sans trop se perdre dans le crémage et les apparats. Et pour compenser quelques vides mélodiques, la « basse-tare » lançait ici et là des échantillons de cordes, ou même l’intro de Gimmick mixée d’un tube de Daft Punk.


Le matricule -M-, comme il se nomme sur Le Baptême, a commencé au piano avec le titre Elle, premier morceau de son dernier disque Îl. C’est le concept. Il a vite troqué les touches noires et blanches pour les cordes de sa guitare électrique. La suite a été un enchaînement alterné de nouveaux titres (Océan, Le Film) et de succès de différentes époques comme À ton souhait et Onde sensuelle.


-M- s’est permis quelques folies, finissant un solo de guitare au parterre en plein milieu de la foule, ou en faisant monter deux jeunes enfants sur scène sur Nostalgie du cool.


Alors que la chaleur montait, -M- s’est posé seul au centre de la scène derrière son clavier, pour une pause salutaire où il s’est lancé dans des adaptations de Qui de nous deux et de La bonne étoile (en super version piano-bar). Et puis paf ! c’était reparti dans le mur de son avec Le complexe du Corn Flakes, La grosse bombe et tutti quanti.


« J’aime faire des concerts très longs », a averti la bête après 1 h 30 de concert ininterrompu. Et dire qu’en cours de spectacle, il s’était dit un peu amoché par le décalage horaire. Une bonne demi-heure de rock plus tard, il quittait la scène après une version étirée de Machistador.


Au rappel, juste avant de mettre sous presse, l’efficace trio est revenu, la « basse-tare » troquée pour la fameuse guitare rose à l’ouverture en forme de coeur qu’affichait -M- sur la pochette de l’album Qui de nous deux ?. Entre lui, Îl et nous, c’était reparti. Et dire qu’il en remet vendredi soir, avec Marie-Pierre Arthur en première partie. Chanceux ceux qui y seront.

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