Disque - Claire Diterzi, Le salon des refusées

Chez les imams de la musique qui sait, on a lapidé la Diterzi, lis-je dans la presse française : quelle mouche avait piqué l’imprévisible Fred, ce Mitterrand de ministre, pour qu’il offre à cette inclassable la résidence de création des champions de musique contemporaine à la villa Médicis de Rome ? Pétition, ronchonnements, les bougons de la dissonance n’auront pas eu raison de l’intraitable Claire. Voilà le disque résultant, qui ne s’appelle pas Le salon des refusées pour rien : une façon de dire : voici mes chansons envers et contre tout, comme les tableaux et sculptures de la fameuse expo d’il y a un siècle et demi. Chansons où Diterzi mêle ses singulières mélodies, ses harmonies hardies et sa guitare électrique (ou acoustique) à de la viole de gambe, et advienne que pourra. Ça ne devient ni de la pop déconstruite ni de la musique actuelle violentée, mais bien des petits bijoux de délicatesse. « Suis-je à la hauteur ? », demande-t-elle dans Clair-obscur : unique, plus que jamais.

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