Karim Ouellet en plein contrôle

Transposer sur les planches les chansons pop riches, intelligentes et accrocheuses de son album Fox n’a pas été un grand labeur, car Ouellet a gardé les mêmes musiciens que lors des spectacles de son premier disque, Plume.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Transposer sur les planches les chansons pop riches, intelligentes et accrocheuses de son album Fox n’a pas été un grand labeur, car Ouellet a gardé les mêmes musiciens que lors des spectacles de son premier disque, Plume.

Karim Ouellet aurait le droit d’être énervé comme un gamin dans un magasin de jouets, les deux bras dans les airs en courant dans les allées. Il ne s’est pas écoulé quatre mois depuis la parution de son deuxième disque, Fox, mais les choses vont rondement pour le chanteur et guitariste jusque-là resté plutôt en marge. On l’entend maintenant aussi à la radio commerciale, où sa chanson L’amour s’est hissée en haut du peloton, il est apparu sur le plateau de Tout le monde en parle… Bref, les choses roulent rondement, et rapidement.

Mais au bout du fil, le grand bonhomme souriant est d’un calme et d’un flegme quasiment… agaçants ! Pondéré, réaliste, Ouellet reconnaît quand même que sa carrière est passée à une vitesse supérieure. « J’avoue avoir été surpris. Mais, et je dis ça très humblement, tout ça ne m’impressionne pas. Je prends tout ce qu’on me donne sur le chemin, ça me fait plaisir, mais ça ne me fait pas capoter, ça ne me déstabilise pas. Mes moments de pression, c’était quand je faisais l’album et que je voulais satisfaire mes propres attentes. Quand j’ai réussi à faire ce que je voulais, tout était beau, le reste c’était du bonus, avec lequel je vis très bien. »

C’est peut-être le propre des artistes qui ont fait leur propre chemin étape par étape, sans avoir été catapultés par une quelconque émission de téléréalité. Quand on se connaît aussi bien que l’on connaît les rouages de l’industrie musicale, on s’emballe avec modération. « J’ai des points de focus sur lesquels je me concentre à 100 %, mon esprit est pas mal uniquement là-dessus. En ce moment, c’est les spectacles, par exemple. »

 

Les chansons dans le bon ordre

À Montréal en lumière, samedi, Ouellet sera à L’Astral, mais son horaire s’étire encore sur plusieurs semaines. Transposer sur les planches les chansons pop riches, intelligentes et accrocheuses de son album Fox n’a pas été un grand labeur, car Ouellet a gardé les mêmes musiciens que lors des spectacles de son premier disque, Plume. « Mais pour pousser ça encore plus loin, on a décidé de faire affaire avec une metteure en scène, un éclairagiste, pour donner un autre cachet à ce spectacle-là, le rallonger, lui donner une plus-value. »

C’est Brigitte Poupart, qui avait aussi travaillé avec Misteur Valaire, qui a servi d’oeil extérieur à Karim Ouellet. Au dire du musicien de Québec, la comédienne a beaucoup donné son opinion sur l’aspect visuel du concert, ainsi que sur l’agencement des pièces.

« J’ai appris que faire un ordre des chansons, de la première à la dernière, ça pouvait avoir beaucoup plus de sens que ce que je pouvais imaginer. Pour moi, ça s’arrêtait pas mal aux bpm [battements par minutes, le rythme] des chansons. Mais là, on a choisi un ordre en fonction de ce que je dis, et essayé de faire en sorte que ça « raconte une histoire », finalement. »

 

Paris, Texas

On apprenait cette semaine que Karim Ouellet sera de la délégation québécoise à l’événement South by Southwest, à Austin au Texas, où l’industrie musicale mondiale se rassemble pour faire du réseautage et découvrir de nouveaux groupes. « On jette vraiment une ligne à l’eau là-bas. C’est pas du développement de marché à proprement parler ; on va là-bas dans un contexte particulier, on ne peut pas savoir si ça va donner quelque chose. »

Par contre, du côté de la France, l’intérêt pour Fox est tel que Karim Ouellet nous dit sans trop de doutes que le disque sera lancé là-bas, même si rien n’est encore confirmé officiellement. « La France tend l’oreille très, très fort, c’est pas mal plus sérieux, dit-il. Il y a quelques maisons de disques importantes qui voient un potentiel. Et ce sont des gens qui ne peuvent pas se permettre de niaiser. Alors, quand j’entends ça, je me dis que le potentiel doit effectivement être là ! » Serait-ce l’écho d’un gamin courant dans les allées d’un magasin de jouets ?

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