Marilyn Manson, condensé théâtral au Métropolis

Certes, il a vieilli, le Manson. Il a eu 44 ans au début du mois. Et il n’est plus la créature à ce point détestée par la droite religieuse américaine, qui est allée jusqu’à l’accuser d’être responsable de la tuerie dans une école secondaire à Columbine, en 1999. Mais son public aussi a vieilli, en bonne partie. Il est loin le spectacle donné en août 1997 au Medley où, parmi la foule, on pouvait voir certains fans avec un cierge allumé collé sur la tête. Rien de moins. Aujourd’hui, c’est l’épidémie de cellulaires portés à bout de bras pour tenter de capter quelques mauvaises images. Après le spectacle de lundi, certains, fracassés, jonchaient le sol. Bien fait pour eux.

 

Bref, tant que la fougue du rockeur est là, les spectateurs sortent de la salle comblés. Marilyn Manson a donc démarré cela sur les chapeaux de roues, avec la pièce titre de son plus récent album, Hey, cruel world. Ont suivi deux succès du début 2000, dont Love song, où Manson arbore un costume papal. Les symboles religieux sont d’ailleurs toujours bien présents, même après des années. Comme cette Bible dont il déchire les pages avant de la jeter en pâture au public, durant la pièce Antichrist Superstar. Lui est juché sur un promontoire, mimant un prédicateur pantin avec, derrière lui, des banderoles qui rappellent des symboles des grands rassemblements nazis. On ne fait pas dans la subtilité.

 

Oui, le décor et la mise en scène y sont encore pour beaucoup dans ce spectacle qu’il trimbale depuis près d’une année. Et les effets arrivent à point. On ne trouve rien à redire. Lui non plus n’a plus rien à prouver de son talent de showman. Mais ce n’est pas que ça. Il faut reconnaître que certaines de ses pièces sont d’une efficacité redoutable. Les riffs sont lourds à souhait, le rythme y est, le Métropolis vibrait. On l’a senti lors de pièces tirées d’albums de la dernière décennie, dont mOBSCENE, Rock is dead ou Disposable teens. Les reprises s’insèrent aussi très bien dans l’ensemble, dont Personal Jesus, de Depeche mode.

 

Il faut dire qu’il a tout un groupe pour l’accompagner, quoiqu’on puisse facilement l’oublier tant Manson prend toute la place. Malheur à celui qui se met dans son chemin ou dans la trajectoire du pied de micro qu’il lance constamment. Le bassiste a eu droit à quelques coups pour l’avoir fait tomber lundi soir. Son complice de toujours, Twiggy Ramirez, a eu droit à un meilleur sort. Il est vrai que si le théâtre est le lot de Marilyn Manson, ses assises musicales les plus solides ont été construites par Twiggy, à commencer par l’incontournable Beautiful People, servie en guise de très bref rappel. Manson a lancé son micro, encore une fois, les lumières se sont allumées. 1 h 10.
 

Vidéo tirée de la présente tournée

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