Ibrahim Maalouf, Wind

À la trompinette, comme disait Bison Ravi alias Boris Vian, Ibrahim Maalouf partage les humeurs musicales qu’échangent aujourd’hui Paolo Fresu et Enrico Rava et qu’échangeaient hier Miles Davis et Chet Baker. Cela dit, tout un chacun aura compris que Maalouf est un défenseur du calme et de la volupté. Autrement dit, au ras des pâquerettes s’entend, Maalouf a une forte inclination pour les ballades, qu’il manie d’ailleurs à merveille. Qui plus est, l’homme sait fort bien s’entourer : le saxophoniste Mark Turner, le contrebassiste Larry Grenadier, le pianiste Frank Woeste et le batteur Clarence Penn ne sont ni manchots ni nigauds, mais bien perclus de talents. Ensemble, cette cohorte franco-américaine dessine les contours d’un jazz mesuré à l’enseigne de la nuit. De-que-cé ? Le jazz de Maalouf est un jazz de nuit sans les matins blêmes. Et nous, une fois prise la mesure de Maalouf, on a constaté que notre bonhomme avait emprunté la route qui mène au Grand Art. Point.

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