Disque - Tire le coyote, Mitan

Western spaghetti dans le quartier Saint-Roch. Je veux bien. Leone trouvait ses mouches et ses desperados à Almeria, un nulle part espagnol qui valait bien le nulle part de John Ford. Dans ce qui fut l’église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier, il y a juste ce qu’il faut d’écho, et dans l’écho, tous les déserts du monde, et c’était juste ce qu’il fallait pour le country-folk plus atmosphérique et un petit peu moins neilyoungien de ce deuxième disque de Tire le coyote : Benoit Binette au civil. C’est si réussi, les histoires de mort et d’amour sont si prégnantes, le sentiment est si juste et transparent (« Te souviens-tu au magasin/On s’est trouvés dans le rayon des soleils », chante-t-il avec Chantal Archambault dans Chanson d’amour en sol standard) que j’en arrive presque à ne plus entendre ce qui, chez Binette, demeure l’irritant de base (l’attrait pour d’autres ?) : sa voix. Sa prononciation bizarre. Cette manière qu’il a de chevroter. Ce n’est pas peu dire, j’en grince, et je trouve ça bon quand même.

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