Spectacles et disques - Du pouvoir attractif de Montréal en lumière

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	Pierre Lapointe sera en concert à Montréal en lumière.</div>
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
Pierre Lapointe sera en concert à Montréal en lumière.
C’est un soleil, une sacrée force gravitationnelle et une source d’éclairage non négligeable : ça aveugle autant que ça attire. Jugez plutôt. Au festival Montréal en lumière, 14e du nom, du 21 février au 3 mars, seront présentées les premières des spectacles de Catherine Durand, Moran, Jipé Dalpé, Luc De Larochellière avec Andrea Lindsay, Dany Placard, Karim Ouellet, Marie-Josée Lord, Elisapie Isaac et Fanny Bloom. Ça fait beaucoup de petites et grosses planètes dans le même système solaire. Plus visibles, ou perdues dans le nombre ? La question se pose. Et le corollaire de la même question pour ces autres spectacles qui ont lieu en janvier et début février, milieu et fin mars : éclipsés, ou avantageusement isolés ? Beau débat.
 
Embouteillage en vue

Le fait est que Montréal en lumière aspire la saison de tous bords tous côtés. Pensez qu’il y aura aussi lors du festival un « concert unique » (dixit le communiqué) auquel nous convie Pierre Lapointe à l’occasion de la sortie de son album Punkt. Sans compter la visite rare ou moins rare : le retour plus qu’attendu de -M-, la récidive plus que bienvenue de Bénabar, la revoyure absolument inespérée du groupe-culte britannique The Zombies (pas venus depuis… 1965 !), plus les Tony Bennett, Émilie-Claire Barlow et cie. Plus les spectacles déjà baptisés de nos Bernard Adamus, Gaële, Ivy, Doba, Daniel Lavoie, Gros Mené…
 
Est-ce en réaction à cet embouteillage annoncé qu’il y a un inhabituel branle-bas depuis le début de janvier ? Faut s’y mettre tout de suite pour se distinguer, faut croire : le premier Open Country des Mountain Daisies avait lieu mardi dernier, et Martin Léon commençait jeudi le mois de résidence de son Laboratoire exotique au Quat’Sous. J’ai déjà en main le démo du nouveau disque (fort beau) de Mario Peluso, Just’un autre beau rêveur, et il ne faudra pas longtemps avant d’obtenir le mini-disque d’Avec pas d’casque, Dommage que tu sois pris. Tire le coyote s’apprête à dégainer : Mitan sort incessamment. Monique Giroux va reprendre ses soirées, ainsi qu’Amélie Veille ses Veillées d’Amélie. David Giguère sera au National dès le 25 janvier, Hôtel Morphée au même endroit peu après, Ingrid St-Pierre début février à La Tulipe, Peter Peter au Soda le même soir de mi-février que Yann Perreau à La Tulipe : juste avant le déferlement, quoi.
 
D’autres émergeront dès qu’on fermera les commutateurs à Montréal en lumière : c’est le 5 mars que le nouveau Daniel Bélanger néo-rockabilly surgira finalement, de longs mois après l’extrait à bicyclette Je poursuis mon bonheur. Suivront des disques-hommages à Willie Lamothe et Claude Léveillée, et le premier véritable album des sœurs Boulay. Et un Misteur Valaire. Les Mountain Daisies attendront un peu plus tard pour révéler leur premier Open Country joué live en studio, Éric Goulet également pour son Country Vol. 2. D’autres sorties locales d’ici l’été ? Un nouvel Ariane Brunet, un We Are Wolves, un Chantal Archambault, un Alex Nevsky,un Xavier Caféine, un Sylvie Paquette, etc.
 
Damien Robitaille, lui, attendra avril pour faire l’Omniprésent au Métropolis, Claude Dubois aussi pour se la jouer acoustique à L’Olympia. Et Annie Villeneuve et Marie-Mai retourneront là où elles brillent : au même Centre Bell que les Lady Gaga, Bon Jovi, Sigur Rós, Pink, Rihanna, Heart, Michel Sardou, Billy Talent et autres Rod Stewart, lesquels s’amèneront selon leur propre calendrier solaire entre les matchs du Canadien. On notera dans la nébuleuse du promoteur Evenko pas mal d’activité dans leur Corona nouvellement relancé, vaste palette où se suivront sans se ressembler les Dead Kennedys, Zappa Plays Zappa, Yo La Tengo, les Indigo Girls, Lianne La Havas, Randy Bachman, et j’en oublie. Mais je n’oublierai pas qu’au Métropolis le 22 mars, il y aura le mythique Nick Cave avec ses Bad Seeds, album tout neuf en bandoulière. Et il n’y a pas qu’un seul promoteur en ville : d’Enrico Macias à Tryo en passant par Blue Rodeo, ça ratissera large de l’hiver au printemps.
 
Bowie revient

Autogratification pour son 66e anniversaire, le 8 janvier, David Bowie est sorti de sa non officielle retraite post-soucis cardiaques avec une chanson, la bien nommée Where Are We Now ?, troublante complainte en amont de son premier nouvel album depuis des lunes, The Next Day, prévu en mars. C’est assurément l’événement de la saison sur la planète pop, à moins que vous ne soyez d’allégeance The Smiths, auquel cas rien ne vaudra le premier album solo de Johnny Marr, The Messenger (en février). Ou alors fadas de Björk, dont le Bastards arrive bientôt sur nos rives.
 
Un petit lot de disques venus d’Europe francophone nous parviendra aussi : mentionnons celui du groupe IAM (qui pillera le très pillé Morricone), et ceux de l’irrépressible Ben l’Oncle Soul, Zazie, Philippe Katerine, de même qu’un premier Vanessa Paradis post-Johnny Depp. Et l’on susurre que Bertrand Cantat…
 
Sinon, voici les disques que j’attends, moi, le plus impatiemment : le Feeling Mortal du survivant Kris Kristofferson, le Heartthrob des sœurettes Tegan et Sara, le Give Me All You Got de la chanteuse-culte Carrie Rodriguez, et surtout, surtout, le disque-retrouvailles des Mavericks, le groupe le plus mexicali-pop à l’ouest de Nashville. Cent fois ça plutôt que le prochain Bon Jovi, qui a l’outrecuidance de s’intituler What About Now. Plus loin à l’horizon : un Black Keys se profile. Ainsi qu’un… Arcade Fire. Chacun son soleil.
 
Collaborateur