Disque - La Finta Giardiniera, Karthäuser et al.

Le parcours lyrique mozartien de René Jacobs a suscité un public fidèle. Il est vrai que le chef n’a pas son pareil pour réveiller les dialogues et soutenir la tension dramatique d’un opéra, chose importante lorsque la composition est considérée comme « mineure » (même si La finta giardiniera est, avec Mitridate, le meilleur des opéras délaissés de Mozart). À ceci se greffe ici une autre surprise : le recours à une orchestration utilisée pour une représentation à Prague en 1796 (cinq ans après la mort du compositeur), dans laquelle Jacobs décèle la patte de Mozart à sa maturité. L’orchestration grandit-elle La finta giardiniera, comme le prétend le chef ? Oui, mais pas au point d’en faire un chef-d’oeuvre incompris. La distribution réunit des habitués du style ardent du chef ; je préfère celle réunie par Harnoncourt (Teldec), mais les deux intégrales sont fascinantes à comparer.

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