Disque - Claude Léveillée et André Gagnon, Léveillée-Gagnon

On répare ici une grave injustice : jusqu’à l’initiative inespérée d’Audiogram, cet extraordinaire album, crucial dans l’idée même qu’on se faisait d’un album en 1965 au Québec, ne se trouvait qu’en vinyle. Pour ceux qui le découvriront maintenant, ce sera une révélation : on peut parler d’un disque concept, avant le mot et la mode. Ambitieuse oeuvre qui, assez génialement merci, intègre en une fresque instrumentale de 35 minutes des éléments de chanson, de musique classique et de jazz en tous genres : easy-listening sur fond de gospel dans Baie des sables, frénétique à motif de rigodon dans Rupture II, sonate sur lit chansonnier dans Rupture I, véritable fusion jazzy-classique dans Douxe II, etc. Je vais vous dire : c’est tout sauf rock, mais sans ça, il n’y aurait eu ni L’Infonie, ni L’Heptade. Sans rire, ça préfigure le prog. Envergure, audace, invention, beauté : un disque indispensable. L’absence de livret (essais, témoignages !) n’est que plus cruellement sentie.

1 commentaire
  • Elisabeth Comtois - Abonnée 21 décembre 2012 09 h 31

    "Pour les amants" ???

    super idée sauf que la pièce mythique de ce disque, celle qu'on a écouté en boucle n'y est pas. Je parle bien sûr de "Pour les amants". C'est bien dommage, une chicane de droits probablement.