Disque - Andrea Marcon, Petitbonn

Outre pour son charme et sa simplicité, j’ai toujours apprécié Patricia Petibon pour une raison très simple : elle affiche un plaisir manifeste à faire de la musique. Cette exubérance déborde parfois et son premier récital pour Deutsche Grammophon, en 2003, ne fut pas une réussite. Elle a largement corrigé le tir, comme en témoigne ce programme Nouveau Monde d’airs baroques à saveurs souvent hispano-sud-américaines, astucieux et irrésistible. Les airs ont en commun la fascination pour l’inconnu, qu’il s’agisse de terres, de peuples ou de destinées humaines. Petibon, somptueusement accompagnée par Marcon et son orchestre expert en coloris et en atmosphères, aborde ce répertoire avec ses moyens parfois un peu fragiles (Lamentation de Didon de Purcell), mais mue par une sincérité contagieuse. Le plus beau est dans les pièces inconnues, telle la première, de José de Nebra, à écouter en extrait sur notre site Internet.