Les meilleurs disques anglos de 2012 - Des disques riches aux apparences simples

Couvrir la scène musicale anglophone du Canada et du reste du monde en plus d’essayer de ne rien rater de ce qui se passe ici, c’est pas de la tarte. Alors, on en échappe nécessairement plusieurs. Vous avez dit Tale Impala ou Frank Ocean ? Glissés entre les doigts. Voici tout de même cinq des disques incontournables de 2012, qui, sous des habits simples, brillent par leur richesse.

1. Grizzly Bear, Shields. Des parutions de cette catégorie, c’est de loin l’album que j’ai le plus écouté. Au déjeuner, dans l’autobus, le soir, au travail… Shields a des racines folks classiques, mais un tronc rock-blues — qui rappelle à quelques reprises la touche des Black Keys — et des branches pop. Le groupe de Brooklyn agence habilement les sonorités électriques et acoustiques dans des chansons qui ne sont simples qu’en apparence. On aime du premier coup, et on en découvre un peu plus à chaque fois. Brillant.
Grizzly Bear - Sleeping Ute (mp3)

2. Django Django, Django Django. Ce premier disque de la formation britannique a été couvert de lauriers dans divers palmarès, et à raison. Les quatre zigotos offrent une étrange fusion de folk-rock à la Beck avec des harmonies vocales de type Beach Boys, doublée d’un soupçon de flegme britannique. Il y a dans leur musique des guitares blues, des textures électroniques à la fois modernes et rétro, des mélodies travaillées. Une belle bibitte.
Django Django - Firewater (mp3)

3. Andrew Bird, Break It Yourself.  Il siffle, joue du violon et de la guitare en plus de chanter fort joliment. Andrew Bird et son groupe livrent ici des chansons folk qui sentent le gazon frais, qui brillent comme les étoiles par temps clair et qui ont quelque chose de spirituel. C’est rustique, mais taillé avec précision.
Andrew Bird - Desperation Breeds (mp3)

4. Metric, Synthetica. À sa sortie cet été, Synthetica n’avait pas été un coup de cœur instantané. Mais à réécouter ce disque presque six mois plus tard, on se rend compte qu’à défaut d’hymnes hyper puissants, cet album a du tonus et une durée de vie très appréciable. Faut aimer les claviers aériens qui pavent le rock des Canadiens (ça ne s’appelle pas Synthetica pour rien), mais la bande de la chanteuse Emily Haines a composé un album pas banal.
Metric - Artificial Nocturne (mp3)

5. Bat For Lashes, The Haunted Man. Avec sa vouée haut-perchée et des instruments baignés dans l’écho, Bat for Lashes, alias Natasha Khan, a quelque chose de surréel, entre Björk et PJ Harvey. Son Haunted Man n’est pas très jojo, mais c’est une très belle plongée intérieure à travers des textures synthétiques et des arrangements orchestraux. La grandiose pièce Laura vaut à elle seule le détour.
Bat for Lashes - Laura (mp3)