De la lumière, partout

Diane Dufresne offrait dimanche soir à la Maison symphonique le premier d’une courte série de spectacles conçus avec les Violons du Roy. Un enrobage classique pour la pop unique de Dufresne — qui présentait six nouvelles pièces, une bonne partie de son album Effusions et, bien sûr, quelques incontournables de cette grande dame aux mille extravagances.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Diane Dufresne offrait dimanche soir à la Maison symphonique le premier d’une courte série de spectacles conçus avec les Violons du Roy. Un enrobage classique pour la pop unique de Dufresne — qui présentait six nouvelles pièces, une bonne partie de son album Effusions et, bien sûr, quelques incontournables de cette grande dame aux mille extravagances.

Le cadre était relativement intimiste pour une chanteuse capable de toutes les extravagances (Magie rose, en 1984 au Stade). Mais avec Dufresne, tout a de l’ampleur. Le souffle est large. Il y a chez elle de l’infiniment grand même dans le tout petit. Et dans l’écrin de l’Adresse symphonique, accompagnée des Violons du Roy dirigés par Simon Leclerc, Dufresne fut dimanche ce que Dufresne est depuis 40 ans maintenant : une géante qui allume. Dit simplement, ce projet spécial – qui sera présenté dans quelques villes du Québec – est d’une qualité remarquable.

Les arrangements de Leclerc donnent l’impression que les chansons traitées ont été écrites ainsi et jamais chantées autrement. C’est rare. On a en tête quelques exemples évoquant le difficile mariage entre chanson populaire et musique classique : ici, tout est juste. Magnifié. Porté plus haut.

Aux chansons parfois torturées de Dufresne, les cordes des Violons du Roy (une quinzaine de membres, dont le pianiste Olivier Godin) venaient amplifier l’émotion, soulever des vagues et des tempêtes que le texte évoquait, mais sans jamais en faire trop, sans jamais surjouer. Brillant travail.

Et Dufresne… Impériale, Dufresne, dans sa robe noire et blanche comme seule Dufresne peut en porter. Divisé en trois blocs thématiques (chansons d’amour, de folie et d’environnement), le répertoire touchait à l’album Effusions, à Bashung, à Jonasz, à quelques classiques de Dufresne. Mais peu importe. Il touchait à l’âme de la musique, surtout.

Car Dufresne ne fait pas que chanter : elle incarne. Elle tremble. Elle explose. Elle retient. Elle libère. Elle vit chaque parole de chaque chanson. Exubérante, bien sûr, mais toujours au service de la musique. À 68 ans, sa voix n’a pas pris une ride, n’a pas perdu une once de puissance et de pureté. C’est encore pleine lumière, et c’est encore de l’art en majuscule.

2 commentaires
  • Zohra Joli - Inscrit 11 décembre 2012 08 h 02

    Unique

    Merci pour cet article.j'ai toujours trouvé que Diane Dufresne était une classe à part, bien au delà d'une C.Dion ou même d'une G.Reno.
    Originale et intense, elle nous fait vibrer comme personne d'autre ne sait le faire.

    • Jacques Dumas - Inscrit 11 décembre 2012 19 h 06

      Oui c'est la plus grande artiste francaise au monde authentique