De la musique gratuite pour Noël

Pour une troisième année, la petite étiquette de disque montréalaise Poulet Neige vous fait un grand cadeau. Profitant de la saison des Fêtes, elle a rassemblé un peu plus de 140 albums numériques dans lesquels vous pourrez piger tout à fait gratuitement en échange d’un simple courriel. Un cadeau à déballer - ou plutôt à télécharger - au matin de Noël.


Pour ceux dont les oreilles sont déjà rompues aux musiques alternatives, la Liste de Noël de Poulet Neige permettra d’écouter les albums complets ou les EP de nombreux disques dont la musique joue sur les radios alternatives et communautaires. Mais la liste comprend aussi le travail d’artistes un peu plus connus, comme Philippe B, Les Breastfeeders, Little Scream, Les Marmottes aplaties, Dramatik, Vander, aRTIST oF tHE yEAR, Anodajay, Chinatown, Doba, domlebo, et on en passe.


Les artistes impliqués acceptent de céder leur musique en échange de cette diffusion numérique - à défaut de celle des radios commerciales -, en plus d’obtenir votre adresse de courriel, question de vous garder informé de leur carrière ou de leurs concerts, par exemple. La Liste de Noël, « c’est comme un antimodèle d’affaires ! », rigole Pierre Alexandre, de Poulet Neige. « Cette année, il y’a une option de don, mais quand tu calcules les coûts d’une plateforme comme celle qu’on a, les coûts de temps de rédaction, de contacts des groupes, ce n’est pas vraiment rentable. »


En 2011, l’opération a même grevé 1000 $ dans les poches de l’équipe, sans comptabiliser de nombreuses heures de travail sans salaire. Un sacré don de soi pour vous et pour les musiciens, quoi. Cette année, la donne est heureusement différente, car la Liste de Noël a reçu une subvention de Musicaction pour le développement des marchés numériques.


« Ça nous permet de payer les heures qu’on met là-dessus, et de payer décemment les gens qui collaborent au projet, dit Pierre Alexandre. Une équipe de programmeur s’occupe maintenant de la technique, de l’hébergement, des formulaires. Ça m’a permis de passer plus de temps à écouter des groupes, à les sélectionner. »


Pour ce faire, il a entre autres épluché la programmation de festivals comme Pop Montréal et les critiques de disques de médias alternatifs. La liste officielle compte beaucoup d’artistes québécois, mais aussi de formations venues des États-Unis, de France, d’Islande, d’Australie, de Corée du Sud, du Danemark et d’Israël.


L’industrie musicale a beau perdre de plus en plus de plumes, l’idée de donner sa musique pour mieux vendre n’est pas toujours appréciée. Plusieurs invoquent que de distribuer ainsi à tout vent dévalue la musique. « Dans nos communications, on essaie de mettre l’accent sur le fait que télécharger ces albums-là c’est juste un premier pas, et qu’après il faut manifester son intérêt, explique Pierre Alexandre. Si t’as téléchargé cinquante albums et il y en a deux que t’aimes vraiment, ben va les acheter, ou va voir les groupes en spectacle. La Liste de Noël, c’est juste le début de la chaîne. »

 

www.listedenoel.info