Disque - M, Îl

« I am a rock / I am an island », chantaient Simon et Garfunkel en 1966. Vérité de toute éternité, que Matthieu Chédid réitère par la voix de son -M- dans la quarantaine (finis les tifs gominés à la diable, vive les frisettes et les tempes grises) : oui, il est une île. Abréviation moderne : îl. Et l’album ainsi chapeauté, trois ans après Myster Mystère, commence évidemment par une chanson qui s’appelle Elle. Elle dans son rapport à îl : « Îl si loin d’elle / Regarde son dilemme / Malgré sa solitude / C’est la seule qu’îl aime ». Intro doux piano, puis riffs à la tronçonneuse, on dirait un spectacle qui démarre, Matthieu aime que son -M- s’ébroue, c’est sa façon d’aller vers les autres. Ça va s’intensifiant avec Mojo, morceau-clé : pour sortir l’îl de son île, tout est affaire de mojo, de concentré de désir et de vibrations à progager tout autour. Rythmes des îles (Baïa), rock apocalyptique (La grosse bombe), empathie pop (ma préférée : La vie tue), tout est bon à -M- pour nous atteindre. Mission accomplie : touchés !