Disque - Wermonster, Ghosts Move slowly

Mais qu’y a-t-il dans l’air à Berlin en ce moment qui attise à ce point la création, particulièrement dans l’univers de la musique électro ? Le premier album de Wermonster - ça, c’est le nom de scène du bidouilleur de sons Nicolas Mercet, un Français qui a posé ses pénates dans la capitale teutonne - force la question en exposant son exploration ravissante et maîtrisée de la face atmosphérique du hip-hop. Tout en texture et en assemblage de fragments sonores, qui n’est pas sans rappelé par moments le travail d’Akufen, l’artiste y propose sa vision du ici-maintenant par des rythmiques langoureuses, des lignes de piano éthérées et des mélodies qui vont chercher leur cohérence, ici dans les redondances technos de circonstance et là dans les phrasés rap et torturés d’Infinite Livez ou d’Hannah. Les deux posent sympathiquement leur marque dans ce tout syncopé. C’est parfois sombre, parfois lumineux, c’est dynamique et sans prétention. À l’image de la ville où cet album a vu le jour. Forcément.