Disque - Francis Cabrel, Vise le ciel Ou Bob Dylan revisité

On mesure l’ironie, en ce vendredi : alors que Dylan s’apprête à nous refaire exprès le coup du Dylan méconnaissable au Centre Bell, c’est en français dans les textes, et chantés par Francis Cabrel, que l’on retrouve sous leur forme la plus respectueusement intacte les airs de Sa Majesté Zimmy 1er. À l’opposé de His Bobness, qui dénonce son mythe et se justifie un présent chaque soir, Cabrel se pose ici en tant que gardien du temple, perpétuateur du corpus tel que fixé sur les disques d’origine pour l’éternité. Est-ce bien nécessaire ? Cabrel a la modestie d’admettre en entrevue qu’il tournait à vide ces temps-ci et avait besoin de se retremper dans la rivière sacrée. Grand bien lui fasse. Mais nous ? L’Aufray chante Dylan est bien loin, je suppose qu’un rafraîchissement des adaptations ne peut nuire (je continue de préférer celles de Delanoé). L’intérêt, le vrai, réside dans ce paradoxe : Cabrel en Dylan plus Dylan que Dylan, ça sonne… plus Cabrel que Cabrel.