Disque - Elizabeth Shepherd, Rewind

Album créé dans une certaine urgence — enceinte, Shepherd voulait boucler le projet avant d’accoucher —, Rewind n’en porte pas de stigmates. C’est précis et cohérent. Le calendrier serré a toutefois incité la chanteuse et claviériste montréalaise à délaisser les compositions qui ont fait la marque de ses trois premiers albums (nominés aux Juno et au Polaris) pour aller piger dans le répertoire des autres. Solution facile ? Pas ici. Shepherd s’est astreinte à un réel travail d’arrangement et d’interprétation qui démarque le projet - travail d’appropriation, au fond. Finesse et bon goût emballent donc les Love for Sale et autres Prelude to a Kiss, avec un joli détour chez Brassens et ses Amoureux des bancs publics. On a connu Shepherd plus audacieuse, mais on apprécie ici un disque d’approche facile, porté par un chant très souple, aux teintes contemporaines maîtrisées. Et il y a là un indéniable sens du rythme (Feeling Good) qui promet une bonne soirée au Upstairs (ce vendredi).