Les harmonies liturgiques

Le cercle de l’extase avec les Derviches tourneurs d’Alep au FMA en 2003
Photo: Festival du monde arabe Le cercle de l’extase avec les Derviches tourneurs d’Alep au FMA en 2003

Deux ans après le 11-Septembre, le Festival du monde arabe (FMA) proposait Le cercle de l’extase, une rencontre emblématique entre les chants mystiques de l’islam et le chant grégorien du christianisme. Cette année s’ajoutent, avec Dieu en 3D, les traditions prophétiques du judaïsme, alors que samedi soir, au théâtre Maisonneuve, les chanteurs de Deus ex machina, le récitateur Anouar Berrada, le cantor Aaron Bensoussan, l’Orchestre oriental et Les Derviches tourneurs d’Alep porteront leurs harmonies rassembleuses dans un geste d’unité musicale et spirituelle.

« Ce qui nous rassemble est beaucoup plus grand que nos différences », notait l’imam Omar Koné, du Centre soufi Naqshbandi. Il chantera avec Anouar Berrada sous la direction d’Alain Vadeboncœur, qui précise la démarche. « Notre façon de travailler est de bien marquer les différences et de camper chacun dans sa religion avec le plus de caractéristiques possible. Puis, cela devient un processus d’alchimie. Ça ne fonctionne pas toujours la première fois parce que c’est très facile de faire de la superposition. Ce qu’on veut, c’est vraiment un genre de fusion. »
 
Dans Dieu en 3D, la moitié des pièces sont tirées du Cercle de l’extase, mais en ajoutant la dimension juive, alors que l’autre moitié est nouvelle. L’accompagnement est assuré par des musiciens montréalais, dont l’excellent kanouniste Nizar Tabcharani, et les Derviches tourneurs d’Alep sont de retour, en dépit des aléas de la guerre syrienne. « Pendant un bout de temps, on n’avait aucune nouvelle d’eux. C’est un grand soulagement de les savoir toujours vivants », avoue Alain Vadeboncœur. Les derviches sont des moines soufis. Ils ne chantent pas, mais ils crient tout au long et, à la fin, ils tournent.
 
De leur côté, Aaron Bensoussan et Anouar Berrada partagent des origines marocaines et les deux possèdent également la maîtrise des traditions orientales de leur religion respective. « À New York, j’ai appris à devenir un cantor ashkénaze, mais à la base, mon père m’a transmis l’héritage sépharade », précise Aaron Bensoussan, qui est maintenant établi en Ontario. Anouar Berrada explique d’où il vient : « Je suis né au cœur d’une famille marocaine très traditionnelle et mon père a créé une école coranique où l’on peut apprendre toutes les règles de la récitation. » Ensemble, ils feront surgir les harmonies liturgiques.

 
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