Les jumeaux artistiques

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	Oudiste, compositeur, interprète et véritable héros national au Liban, Khalifé a créé des hymnes populaires outre-frontières.</div>
Photo: Sabir El Mouakil
Oudiste, compositeur, interprète et véritable héros national au Liban, Khalifé a créé des hymnes populaires outre-frontières.

Mahmoud Darwish et Marcel Khalifé, deux facettes profondes d’une même intention artistique. Les poèmes du premier, Palestinien et décédé, confèrent l’inspiration, alors que les musiques du second, Libanais et très en vie, permettent au public de se les approprier. Fall of the Moon, le nouveau disque de Khalifé, porte également la signature de Darwish.


Il s’amène samedi au théâtre Maisonneuve pour un concert dédié à son jumeau artistique.


Marcel Khalifé raconte son alter ego : « Mahmoud Darwish, c’est le poète qui appartient à tout le monde. Lorsqu’il parle de l’amour, c’est l’amour de tout le monde. Lorsqu’il parle de la terre, c’est la terre de tout le monde. Ce n’est pas le poète que l’on peut cadrer dans un pays. Il a parlé de Palestine, mais sans employer le mot. Dans son oeuvre, il y a tout le massacre de l’homme à travers l’autre. »


Oudiste, compositeur, interprète et véritable héros national au Liban, Khalifé a créé des hymnes populaires outre-frontières, sans l’aide des médias. Depuis l’éveil de la rue arabe, plusieurs de ses chants sont repris par les manifestants. Il commente : « Les musiques et les chansons que l’on fait depuis 30 ans, c’est le rêve qui se passe maintenant. On a parlé de la liberté, de la démocratie, des enfants, de l’école, de la terre et de la colonisation. On a parlé et je pense que le début de la révolution, c’est l’art. La révolution, c’est de savoir aimer, savoir chanter, savoir jouer de la musique, savoir apporter de la liberté. La résistance n’est pas seulement celle du fusil. »


En s’inspirant de son frère d’âme, Khalifé crée une poésie sonore avec ou sans les mots. Dans cette symbiose, Fall of the Moon, un disque double, est ponctué de plusieurs dualités : dualités entre son ensemble Al Mayadine et l’Orchestre philharmonique de Kiev, entre le monde arabe et l’Occident, la poésie chantée et la musique instrumentale, l’existentiel et l’universel, la gravité et l’apaisement, les pulsions de la révolte et les voix éthérées. Samedi, Khalifé fera vibrer la fibre humaine en « petite formation » de huit musiciens, pendant que planera l’âme de son célèbre complice passé dans l’au-delà.



Collaborateur



Au théâtre Maisonneuve, samedi 6 octobre à 20 h. Renseignements : 514 842-2112