Spectacle - Au galop vers Django Django

Les membres de Django Django, formé en 2009, se sont rencontrés à l’école d’art d’Édimbourg.
Photo: Because Les membres de Django Django, formé en 2009, se sont rencontrés à l’école d’art d’Édimbourg.

Django Django. Si c’est d’abord le nom de cette formation qui nous attire vers elle, c’est certainement la musique pop éclatée de ces quatre Britanniques qui nous incite à plonger et replonger dans leur premier disque, récemment mis en lice pour le prestigieux prix Mercury.

Formé en 2009 à Édimbourg, où ses membres se sont rencontrés à l’école d’art, Django Django se révèle à nos oreilles comme une étrange fusion de la musique folk-rock de Beck et des harmonies vocales des Beach Boys, doublée d’un soupçon de flegme britannique. Il y a dans leur musique des guitares blues simplismes, des textures électroniques à la fois modernes et rétro, des mélodies travaillées.


Plusieurs journalistes britanniques ont accolé à Django Django l’étiquette plutôt juste de « psychédélique ». Mais la formation la réfute. « Notre musique est juste un petit peu étrange. Je crois que c’est fait pour tout le monde, en tout cas on essaie de faire quelque chose d’à la fois intéressant et accessible, pop », lance le batteur du groupe, Dave Maclean, joint à Los Angeles aux premiers jours d’une tournée nord-américaine qui les mènera vendredi au Petit Campus à Montréal.


On est avec Django Django près d’un compromis entre l’audace et la pop. « Les Beach Boys l’ont fait, les Beatles et les Monkeys aussi. Mais c’est plus le résultat du fait qu’on écoute beaucoup de musiques différentes, et qu’on n’a pas le souci de sonner “ 2012 ”. De toute façon, la musique pop, depuis Bo Didley à maintenant, c’est quoi ? Moins qu’un clignement d’oeil dans la civilisation, alors… »


Django Django - qui tire son nom d’un film western des années 1960 - a enregistré ce premier disque portant le nom du groupe dans l’appartement de Dave Maclean, dans East London, avec pratiquement rien en poche, surtout pas un contrat de disque, qui n’est venu que par la suite. « On n’avait pas vraiment l’argent pour acheter une batterie, et on voulait utiliser différents objets pour les percussions, comme des vieilles conserves, des bouteilles de lait, et même des noix de coco ! On trouvait que c’était un bon son, comme un cheval qui galope, mais ça rappelle à tout le monde The Holy Grail des Monty Pythons ! »


Justement, on ne peut s’empêcher de noter un certain humour chez Django Django. Pas des blagues, mais une certaine folie à la Vampire Weekend. « Il y a certainement un esprit de plaisir dans ce qu’on fait. Mais sur scène, on n’est pas là pour rigoler tout le temps, on essaie de faire un show agréable et de donner vie au disque le plus possible. »


D’ici à la remise du prix Mercury, le 1er novembre, les quatre amis continuent leur tournée chargée, profitant des projecteurs qui viennent avec leur nomination. Et s’ils gagnent la bourse de 20 000 livres ? « Pour être honnête, on va rembourser notre marge de crédit ! »

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