Heavy Mtl - Succès du métal au milieu du fleuve

La quatrième édition du festival Heavy Mtl aura réussi son pari. Une foule imposante d’amateurs de heavy metal s’est déplacée au parc Jean-Drapeau la fin de semaine dernière. Les spectateurs ont d’ailleurs eu droit à une finale théâtrale à souhait, avec le passage coup sur coup de Marilyn Manson et de Slipknot.

Les fans de metal aiment bien, le temps d’un festival, porter le t-shirt à l’effigie de leur groupe fétiche. Et dimanche, le nom du groupe américain Slipknot était omniprésent sur le parterre en bonne partie boueux où se dressaient les deux scènes principales. Il faut dire que son passage à Montréal, en 2009, aurait très bien pu être le dernier. La mort d’un des membres en 2010 a failli mettre un terme à l’aventure.


Ils étaient huit sur scène, à tel point que la bande guidée par le chanteur Corey Taylor - mais où va-t-il puiser une voix aussi puissante ? - semblait un peu à l’étroit. Néanmoins, le groupe de Des Moines, en Iowa, a offert une bonne heure et demie sans véritable relâche au public qui attendait la prestation avec impatience. Comme toujours, les membres du groupe, masqués, vêtus d’un uniforme rouge vif rappelant celui des condamnés à mort, ont offert un spectacle généreux assaisonné d’effets pyrotechniques, de boules de feu, de plongeons dans la foule et tutti quanti. Beau joueur, le chanteur s’est permis quelques mots en français.


Même s’il n’a pas sorti d’album depuis 2008, Slipknot a une banque assez bien garnie de hits pour combler son public. Les titres indiquent assez clairement qu’ils ne sont pas diffusés sur Rouge FM : Eyeless, Sulfur, The Heretic Anthem ou encore People = Shit. On a même eu droit au traditionnel « trash » géant durant Spit It Out, un rituel qui se répète depuis déjà quelques années. On se souvient l’avoir fait au stade Uniprix dès 2005.


Sur la scène adjacente, Marilyn Manson a offert juste avant une prestation d’environ une heure. Le personnage n’a plus besoin de présentation. Sa légende le précède bien souvent sur scène, et Manson a pris l’habitude d’offrir des spectacles inégaux. On est loin de l’Antichrist Superstar de 1997 qui avait enflammé le Medley. Depuis, l’auteur de ces lignes l’a vu sept fois. Et contrairement à Slipknot, on ne sait jamais si c’est l’artiste ou le personnage qui se présentera devant le public.


Même si la voix peinait parfois à se frayer un chemin, le chanteur vieillissant a offert une série somme toute efficace. Sa version pesante de Personal Jesus a vraiment levé, tout comme son Antichrist Superstar, où il joue au prédicateur perché sur son promontoire.


Le groupe qui lui fournit ses services est solide, appuyé sur son vieux complice Twiggy Ramirez. C’est lui qui est à l’origine de l’incontournable Beautiful People, que Manson a l’habitude de servir en guise de conclusion. C’est ce qu’il a fait à Montréal, alors que le soleil se couchait et que trop de spectateurs brandissaient toujours leurs ignobles téléphones « intelligents ». Non mais, que font-ils à enregistrer un petit bout de vidéo de mauvaise qualité, avec un son horrible, au lieu de regarder le spectacle ? En plus, ils bloquent la vue des personnes situées plus à l’arrière. Franchement désagréable.


Samedi, le public attendait surtout le retour de System of a Down, qui a enchaîné les hits sans dire un mot. Les fans voulaient de la musique ? Alors, musique. On a aussi bien remarqué les Cannibal Corpse, Suicidal Tendencies et In Flames. Heavy Mtl donne aussi à voir et à entendre toute une ribambelle de groupes beaucoup moins connus, notamment du Québec. Ils sont justement là pour le plus grand bonheur des fans de metal qui, dans certains cas, rejettent carrément la musique plus «commerciale».


Bref, tout le monde semble y avoir trouvé son compte. Les organisateurs, qui ont appris des éditions précédentes, semblent eux aussi à la recherche de cet équilibre entre les puristes et la foule, nombreuse, qui veut aussi venir entendre des noms parfois quasi mythiques. Parions qu’il y aura une cinquième édition.

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