Toutes les bombes sauf... «I Lost My Baby»

Au fond, Leloup aura été Leloup. Imprévisible jusqu’à la fin.
Photo: François Pesant - Le Devoir Au fond, Leloup aura été Leloup. Imprévisible jusqu’à la fin.

Pourtant elle y aurait trouvé sa place dans ce concert-fleuve d’à peu près 25 titres, si on fait le difficile décompte dans l’enchevêtrement de tous ces morceaux enchaînés à un rythme essoufflant. Le goût de refaire (presque) tous ses classiques lui est revenu, au grand plaisir de la vaste foule présente. Après la gloire, la traversée du désert, la mort, et la résurrection, le spectacle d’hier avait des allures de bilan.

Et il a donné le ton sans attendre. Après une présentation délirante de ses musiciens, Leloup a livré Isabelle en guise de hors-d’oeuvre, puis Nathalie, Cookie et une longue version de Faire des enfants, où il a sorti la guitare électrique à deux manches — un peu pour la frime, ne se servant que d’un seul.

Parlant peu, voir pas du tout entre ses pièces, le chanteur maintenant âgé de 51 ans a plutôt utilisé en guise de colonne une histoire de corbeaux, qu’il a égrainée au fil des quelque deux heures du spectacle. La scène était un peu petite (en comparaison de celle des FrancoFolies et du Festival de jazz), mais la sonorisation était honnête de notre position, quoiqu’un peu ingrate pour ses musiciens, un peu étouffés derrière la gratte de Leloup.

En grande forme, John The Wolf n’a pas trop perdu la carte dans de grands délires, se permettant de dévier un peu des paroles, dans Paradis perdu entre autres, en plus de se permettre quelques monologues en musique. La plus belle fille de la prison, jouée très lente comme un duel tendu de western spaghetti, était méconnaissable, alors que le chanteur a fait un clin d’oeil remarqué et applaudi à la grève étudiante. D’ailleurs, en ouverture du concert, le patron de Juste pour rire, Gilbert Rozon, a subi les huées de la foule.

 

Pas de bois mort

Et les hits se sont poursuivis. La vie est laide, bang, Sang d’encre, paf, Johnny Go, vlan, Le monde est à pleurer, boum, la magique La chambre et son si poignant « Devrais-je partir ou bien rester ? Devrais-je enfin tout laisser tomber ? », argl. Encore ? Encore : L’amour est sans pitié, Les fourmis avec une finale africaine, et Le dôme, pièce éponyme de l’album dont pas moins de huit titres ont été joués hier. Il n’y avait pas de bois mort, comme on dit.

Et I Lost my Baby dans tout ça ? On a attendu et attendu, après la pluie de confettis et les quatre rappels. Même après les feux d’artifice qui ont pétaradé derrière la scène, on avait un peu d’espoir. En vain. Les lumières se sont allumées, la foule a quitté, la tête remplie de hits et le coeur gonflé. Au fond, Leloup aura été Leloup. Imprévisible jusqu’à la fin. Et c’est ainsi qu’on l’aime.

4 commentaires
  • Pierre Schneider - Inscrit 27 juillet 2012 07 h 41

    Pauvre Rozon

    Gilbert Rozon hué par la foule ? Il a pourtant porté le carré rouge en compagnie de son nouvel ami Léo Blouin-Bureau lors d'une pitrerie commune cette semaine au Festival, à la veille de l'annonce de l'endrée en politique de Léo B.B.
    Ah ce populo qui ne comprend rien...

    • Patrick Caron - Inscrit 27 juillet 2012 11 h 30

      Vous savez, on s'en fou du carré rouge. Allez parler à cette personne, et vous comprendrez pourquoi ce qui importe est en fait, ce que la personne est, et ce en quoi elle ou il croit.

      Surtout, n'allez pas généraliser que la population ne comprends rien. Vous semblez être le premier à venir trop vite à des conclusions..

      Respect et amour! Surtout pour vous.

      David

  • Alexandre Garneau - Inscrit 27 juillet 2012 09 h 44

    Il aurait aussi pu appuyer les étudiants au Festival d'été... c'est toujours Montréal qui a tout... :P

  • Louise Tanguay - Abonnée 27 juillet 2012 10 h 09

    I lost my baby

    nous a Québec on a eu droit a la fameuse chanson , en rappel
    il est revenu sur scène en nous disant ben oui je vais vous
    la chanter et ensuite on a eu droit a 2 autres chansons, 2
    hrs de spectacle enlevant.

    comme on dit une vraie machine a succès