Marie-Nicole Lemieux au Festival de Lanaudière - Trésor artistique québécois

<div>
	Les publics de Paris, Vienne ou Londres s’arrachent les billets des concerts de Marie-Nicole Lemieux. Cette même artiste trouve chez elle un amphithéâtre à moitié vide, 2000 personnes en tout, pelouse comprise.</div>
Photo: Christina Alonso
Les publics de Paris, Vienne ou Londres s’arrachent les billets des concerts de Marie-Nicole Lemieux. Cette même artiste trouve chez elle un amphithéâtre à moitié vide, 2000 personnes en tout, pelouse comprise.

En conclusion d’un concert Rossini que l’on peut légitimement qualifier de phénoménal, Marie-Nicole Lemieux a chanté le très redoutable et spectaculaire air Pensa alla patria de L’Italienne à Alger. Penser à la patrie… On peut remercier Marie-Nicole Lemieux de ne pas l’oublier et de se produire chez nous. Ce serait bien que la patrie lui rende cet attachement… Les publics de Paris, Vienne ou Londres s’arrachent les billets des concerts de la chanteuse québécoise. Cette même artiste trouve chez elle un amphithéâtre à moitié vide, 2000 personnes en tout, pelouse comprise. Ce n’est certes pas rien, mais cela déçoit assurément.


Certains artistes, ici, ont coutume de se prononcer longuement sur les ravages culturels de notre époque. Si, pour un artiste classique, pour être reconnu, il faut désormais tenir le crachoir dans une radio ou chanter des conneries avec une vedette de musique populaire, la situation devient vraiment inquiétante.


Alors, mettons quelques points sur les « i ». La contralto Marie-Nicole Lemieux (et, oui, elle est à n’en pas douter contralto, comme en témoignent les sons qu’elle nous a sortis) a affronté, à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay, vendredi, et au Domaine Forget, le lendemain, des Everest du chant. Avec Joyce DiDonato (autre voix, autres emplois), elle est aujourd’hui la meilleure du monde dans cette discipline rossinienne qui s’apparente au trapèze de haut vol.


Mieux encore : non seulement elle est à ce niveau-là, mais, en plus, si l’on regarde en arrière, les deux dernières décennies, elle surpasse à la fois Jennifer Larmore et Vesselina Kasarova, ses deux meilleures devancières dans le domaine. Telle est l’aura artistique de Marie-Nicole Lemieux, trésor artistique québécois. Sa virtuosité est spectaculaire, l’ambitus vocal sidérant, avec des graves ni tubés (défaut de Larmore), ni poitrinés.


Ce miracle époustouflant a impliqué un ensemble I Musici élargi, avec un chef ciselant les détails et maintenant les dynamiques dans des écarts crédibles, sans vulgarité.


Pour être aux anges, j’aurais aimé avoir des contrebasses plus présentes en avant de la scène et, dans le programme ou sur les écrans, le texte des airs chantés.

1 commentaire
  • Marthe Pouliot Duval - Abonné 16 juillet 2012 09 h 33

    À ce soir...

    Habitant tout au bout de la péninsule gaspésienne durant l'été le seul moyen qu'il me reste de partager le plaisir des concerts c'est la radio. Un miracle qui me permettra d'entendre Marie-Nicole Lemieux ce soir. Ce sera mon festival à moi!!!
    Je ne comprends pas que personne ne pense à organiser une tournée en régions de ces grands et jeunes artistes québécois applaudis et aimés à travers le monde.
    Après Lanaudière, Orford et Saint-Irénée pourquoi pas le «Grand Large»...C'est bon pour les cordes vocales et le public gaspésien est fidèle au rendez-vous quand on lui offre du BEAU. Il n'attend que ça.

    En attendant, un tel miracle je serai collée à mon poste dès 20 heures ce soir.
    Merci monsieur Huss pour vos critiques toujours si pertinentes et justes.l