Bon Jovi au Festival d'été de Québec: rock et nostalgie sur les Plaines

Connaissant l'intérêt de Jon Bon Jovi pour la politique et son soutien au Parti démocrate aux États-Unis, on aurait quand même aimé l'entendre sur la crise étudiante et le printemps érable.
Photo: Yan Doublet - Le Devoir Connaissant l'intérêt de Jon Bon Jovi pour la politique et son soutien au Parti démocrate aux États-Unis, on aurait quand même aimé l'entendre sur la crise étudiante et le printemps érable.

Avec le spectacle de Bon Jovi d'hier soir, le Festival d'été de Québec a obtenu un nouveau succès de foule. Une heure et demie avant le spectacle, on a dû fermer le site des Plaines qui était déjà plein.  

 

Selon des estimations récentes du Festival, la capacité de l'endroit est de 90 000 personnes. On n’en était pas au premier succès du genre à Québec, loin de là. L'événement a souvent misé sur le rock et le métal ces dernières années pour attirer des auditoires records, qu'on pense à Van Halen, Kiss, Rammstein, Twisted Sister, Scorpions, Metallica ou encore Aerosmith cette année. À chaque fois, la foule est venue et il s'est vendu beaucoup de bière. 
 

Foule en délire

Jon Bon Jovi a fait son apparition sur les Plaines vers 21 h 30, des lunettes fumées sur le nez avec un manteau de cuir aux couleurs du drapeau des États-Unis. La foule était littéralement en délire et on entendait beaucoup beaucoup de cris féminins. 
 

Le groupe rock a attaqué la soirée avec Raise your hands avant de lancer l'un de ses vieux tubes des années 1980 You give love a bad name. Déjà, le groupe avait le public dans sa main puis il en a remis avec Born to be my baby, de l'album New Jersey. 


Sur le plan du culte de la personnalité, c'était une opération très réussie. Il fallait entendre les cris de joie provoqués par le chanteur quand il a négligemment enlevé ses verres fumés. 
 

Quand même, il n'était pas seul aux commandes bien sûr, les vieux compères du début étaient là, David Bryan (claviers), Richie Sambora (guitare), Tico Torres (batterie). Sambora a d'ailleurs parlé du spectacle de Québec sur son compte Twitter hier, s'étonnant qu'on annonce 90 000 personnes sur les Plaines. 
 

La to-ta-le

À la sixième chanson, Jon Bon Jovi s'est adressé à la foule pour dire que le groupe n'avait pas beaucoup joué depuis un an sur scène, mais que c'est «comme pédaler à vélo», ça revient. Je n’irais pas jusqu’à dire que l’expression «bête de scène» a été inventée pour des gens comme lui, mais Jon Bon Jovi est impressionnant sur scène. Il met toute la gomme, se met à genoux parce que chaviré par l’émotion, descend au premier rang embrasser une fille sur la bouche. C’était vraiment la to-ta-le. 
 

Simple, efficace, la machine Bon Jovi roule bien et est bien huilée. Même pas besoin d'être trop bon en anglais pour saisir l'essence du message. It's my life, «Have a nice day», I'll be there for you, these five words I swear to you. Et pendant Livin' on a prayer, on en oublie presque qu'on a affaire à des rock stars plusieurs fois millionnaires. 
 

Au total, le groupe a interprété 19 pièces et n'en a oublié aucune parmi les plus connues à part peut-être Bed of roses. On ne va quand même pas s'en plaindre. 
 

Quand même, il manquait la politique. Connaissant l'intérêt de Jon Bon Jovi pour la politique et son soutien au Parti démocrate aux États-Unis, on aurait quand même aimé l'entendre sur la crise étudiante et le printemps érable. Après tout, la moitié des artistes y font allusion dans leur spectacle après avoir dit «bonjour Québec». Imaginez : Jon Bon Jovi arborant un carré rouge, ça aurait fait son effet. Ils auraient même pu faire comme Les Goules à l’Off et demander à Banane Rebelle de monter sur scène avec eux. 
 

Mais revenons à ce qui s'est vraiment produit. On a fait un beau petit voyage dans les années 1980 et 1990 hier soir avec eux. Les coupes de cheveux du guitariste et du claviériste avaient à peine changé d'ailleurs et quand le slow a commencé (I'll be there for you), on se serait cru dans une fête d'ados de banlieue de la belle époque. En plus, on venait d'apprendre une bonne nouvelle, Jon nous avait annoncé à nous les filles que Richie était célibataire et que c'était bientôt son anniversaire. C'est vous dire. 
 

Il s'est quand même passé du temps depuis 1986. En 2012, les gens ne brandissent plus des briquets pendant les slow mais des téléphones. 
 

On ne saura probablement pas quel montant faramineux le Festival a dû payer pour faire venir Bon Jovi à Québec. Peut-être que le savoir nous ferait moins savourer le bonbon.  Mais pour en avoir vu d'autres donner de gros spectacles de paresseux ou de prétentieux, il faut rendre à César ce qui lui revient : le groupe a livré la marchandise et donné le spectacle qu'on attendait de lui. Et on n'a pas boudé notre plaisir. 

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