FrancoFolies de Montréal - Sur les ailes d’Éli et Papillon

Marc Papillon-Ferland et Élise Larouche se sont croisés pour la première fois il y a quatre ans, alors qu’elle cherchait un guitariste pour enregistrer ses chansons.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Marc Papillon-Ferland et Élise Larouche se sont croisés pour la première fois il y a quatre ans, alors qu’elle cherchait un guitariste pour enregistrer ses chansons.

Au Québec, il n’y a pas des masses d’artistes qui sont capables de faire de la chanson que l’on pourrait qualifier de classique tout en réussissant à y injecter une dose de fraîcheur. Le plus récent et doué porte-étendard de ce rare mélange est sans doute le duo Éli et Papillon, qui frappe dans le mille avec son premier disque, en plus d’être demain de la programmation extérieure des FrancoFolies.

Élise Larouche et Marc Papillon-Ferland se sont croisés pour la première fois il y a quatre ans, alors qu’elle cherchait un guitariste pour enregistrer ses chansons. Lui, qui a entre autres joué avec Coeur de pirate, Maryse Letarte et Caracol, sautillait de contrat en contrat. Mais la rencontre n’aura pas été éphémère.


Ensemble, ils ont construit des chansons pop un brin rétro, mais pas nostalgiques. Des écrins de douceur, mais jamais sans rythme, créés du choc de la voix douce d’« Éli » et des arrangements de « Papillon ». Souvent on pense à la Française Keren Ann, à Pierre Lapointe, à Catherine Major. Voire à Françoise Hardy. « Moi, je suis davantage pop angélique, dit Élise. Et Marc a tellement une base technique forte qu’il complique tout ce que je fais ! »


Alors que certains passent une vie à distiller, à chercher l’essentiel, Marc Papillon-Ferland complique les choses. Il joue d’ailleurs presque tous les instruments sur ce disque, de la guitare au piano, en passant par la basse, le violon et le glockenspiel. Et il y signe les arrangements et la réalisation. Control freak, le Marc ? Élise se bidonne en guise de « ben quin ». Calme, il sourit légèrement. « Il faut que tout soit des parties d’un même casse-tête, que ça ne soit pas trop chargé non plus. Ça doit s’emboîter. » On prend ça comme un oui.

 

Des mots qui sonnent


Une des forces d’Éli et Papillon est leur capacité à faire couler les mélodies. Même sur Mille querelles, peut-être la plus rapide et rythmée, les images défilent sans accrocs. « On joue beaucoup avec le son des mots en rapport avec les mélodies, dit Élise. Je vais rarement utiliser des “ grr “, des “ rraa ”. Quand on trouve la ligne mélodique, Marc la joue en boucle et on y travaille. »


Et Élise, qui écrit toutes les paroles du duo, y livre des histoires visiblement très personnelles, mais dont les pistes sont tout de même brouillées. « C’est un album qui raconte une longue histoire, dit la chanteuse de 24 ans. Et ce n’est pas celle d’une rupture. Pour moi, c’est tellement autre chose, un obstacle que j’ai eu dans ma vie. Mais je préfère que les gens imaginent ce qu’ils veulent. »


Reste que ces pièces, il fallait les assumer sur scène. Une tâche qui n’a pas été simple pour Élise, elle qui n’était pratiquement jamais montée sur scène jusqu’à récemment. « C’est un peu comme un journal intime. En le chantant devant les gens, je me mets à nu un peu. Fallait que j’assume ça. Le plus dur a été le dernier Coup de coeur francophone, mais après ç’a démarré. Et récemment, à Vue sur la relève, on a gagné sept prix. C’est devenu un tremplin pour nous. »


Leur été démarre avec leur spectacle gratuit aux FrancoFolies, demain, sur la scène Monde émergent. « Et on se promène pas mal cet été. On va à Tadoussac, on fait une petite tournée des régions du Québec, et on fait même un tour en France, à Saint-Malo et peut-être à Paris. Un bel été. » Et ils sont aux anges.


 

Éli et Papillon: À Contrecoeur