Les soeurs Boulay triomphent aux Francouvertes

Mélanie et Stéphanie Boulay ont devancé mardi soir Francis Faubert et Gazoline dans la faveur du public et du jury de l’industrie.
Photo: Michel Pinault Mélanie et Stéphanie Boulay ont devancé mardi soir Francis Faubert et Gazoline dans la faveur du public et du jury de l’industrie.

Après avoir été les meneuses lors des deux premières rondes de cette 16eédition des Francouvertes, Mélanie et Stéphanie Boulay n’ont pas fait mentir la logique mardi soir au Club Soda en gagnant la grande finale du concours musical de la relève. Les deux soeurs, qui ont coiffé dans l’ordre Gazoline et Francis Faubert, ont gagné le grand prix de 10 000 $ ainsi que plusieurs invitations à des festivals du Québec et de l’étranger. Leur été sera chargé, c’est le moins qu’on puisse dire.

Les deux chanteuses ont montré une formule très douce, où elles utilisent un micro commun pour propulser leurs douces ballades toutes en harmonies vocales. Le son était toutefois un peu loin dans les haut-parleurs, mais leur touche comique, touchante et naïve restait plutôt intacte. Les deux jeunes femmes ont d’ailleurs fait preuve d’une belle complicité sur scène. « Tu pleures-tu ? », a dit Stéphanie à sa frangine en essuyant le coin de son oeil. « Oui, mais de joie ! », a soufflé Mélanie.


« On est vraiment des braillardes faut croire ! a raconté au Devoir Mélanie Boulay, au lendemain de la victoire du duo. C’est monté d’un coup, j’ai vu mon père pleurer en avant, ma soeur aussi, alors j’ai pas pu me retenir ! »


Les soeurs Boulay - qui ont récemment accompagné Kevin Parent en tant que choristes en plus de faire sa première partie - ont failli opter pour un concept moins acoustique, mardi dans le grand Club Soda, mais elles ont préféré ne pas brancher leur guitare et leur banjo, jouant la carte de l’intimité. « C’est pas en jouant plus fort qu’on aurait eu l’attention des gens. Et par chance, le public a été vraiment avec nous. »


Leur proposition musicale tout en simplicité vient de l’enregistrement de leur EP, avec Éric Goulet, qui leur a proposé de tout faire autour d’un seul micro. « Ce qui est le fun, c’est qu’on peut claquer des doigts, taper du pied et ça passe dans le micro, ça ajoute un côté percussif », raconte Mélanie Boulay.


Racines folk


Leur amour du country et du folk vient de leur enfance en Gaspésie, alors qu’à la maison, c’était souvent le poste de radio country qui était syntonisé. « Après, il y a eu une longue période où on a renié ces musiques-là et c’est revenu plus tard dans nos vies avec des artistes comme Gillian Welch. »


Si leurs projets pour l’été consistent essentiellement à monter sur scène, Mélanie et Stéphanie Boulay planifient un premier disque complet pour 2013. « Les discussions sont déjà commencées avec quelques maisons de disques, confie Mélanie Boulay. On n’est pas pressées, on essaie de voir avec qui y’a le meilleur fit. »


Gazoline et Francis Faubert


Pour rejoindre Chloé Lacasse, Bernard Adamus, Damien Robitaille, Loco Locass et plusieurs autres dans la liste des gagnants du concours, Mélanie et Stéphanie Boulay ont dû devancer mardi soir Francis Faubert et Gazoline dans la faveur du public et du jury de l’industrie.


C’est Francis Faubert qui a brisé la glace, mardi, avec en bandoulière sa guitare semi-acoustique d’un brun boisé. Avec lui sur la vaste scène du Club Soda, il y avait quand même sept musiciens, dont deux cuivres et un contrebassiste. Ça éclatait dans les moments plus dynamiques, ça grondait doucement dans les sections feutrées. Comme pour briser son moule, Faubert a rapidement offert une nouvelle chanson, Moonlight Lady, moins folk bringuebalant et davantage jazzée. Il a par la suite replongé dans son sillon, présentant ses pièces à coups d’histoires courtes et personnelles, que les fidèles des Francouvertes 2012 ont reconnues.


C’est tout en rock et en manteau de cuir que la finale des Francouvertes s’est terminée avec le trio Gazoline. Formé de trois jeunes musiciens du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le groupe a bien joué son jeu, à coups de moues, de refrains efficaces et de riffs bruyants, hybrides de vieux sons punk et de rock FM des années 1990. Le résultat est peu original et les textes adolescents, mais Gazoline a eu l’avantage de brasser de l’air après une soirée plus en nuances. Le trio s’est amusé à travers ses courtes présentations, lâchant des phrases comme « vous nous connaissez peut-être sous le nom de Petits criss des Francouvertes », se moquant de leur statut de négligé, ou en vantant « l’accent latin du Saguenay » d’un de leurs derniers morceaux. Ça ne s’invente pas.

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