Chinatown: exploser en 3D

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	Pour son nouvel album, Chinatown s’est davantage plongé dans les arrangements, ajoutant des couches sonores, beaucoup faites de claviers et de synthétiseurs type 1980.</div>
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir
Pour son nouvel album, Chinatown s’est davantage plongé dans les arrangements, ajoutant des couches sonores, beaucoup faites de claviers et de synthétiseurs type 1980.

Les amateurs d’indie-pop accrocheuse avaient appris à découvrir en 2009 le groupe montréalais Chinatown avec sa chanson Apprendre à danser, qui était tirée de leur premier disque Cité d’or. Pour faire suite à ce miniboom, les cinq musiciens lancent mardi Comment j’ai explosé, un nouvel album où le son prend du volume et du galon.

Chinatown est basé sur le travail de deux chanteurs et auteurs, Pierre-Alain Faucon et Félix Dyotte, qui créent en collégialité avec le guitariste Julien Fargo, le bassiste Toby Cayouette et le nouveau batteur, Maxime Hébert, qui a remplacé Gabriel Rousseau après l’enregistrement du deuxième disque.


Si la formation distille toujours sur Comment j’ai explosé une musique brit-pop aux reflets de chansons gainsbouriennes, Chinatown a décidé de s’éclater beaucoup plus sur les arrangements. « Cité d’or était très basé sur la mélodie, avec beaucoup de choeurs aussi, explique Julien Fargo, Français d’origine et installé au Québec depuis plusieurs années. Là, on voulait quelque chose davantage en trois dimensions, on voulait des sons qui avaient de la matière, de l’épaisseur. »


Là où on entendait surtout des guitares électriques, Chinatown s’est davantage plongé dans les arrangements, ajoutant des couches sonores, beaucoup faites de claviers et de synthétiseurs type 1980. « C’est chargé, presque baroque quelque part !, rigole Fargo. Y’en a partout, des couches de synthés, de guitares et tout. On n’est pas dans le minimalisme du tout. On voulait pousser plus dans le trip de Blur ou Gorillaz, où c’est très chargé, plein de couleurs. »


Pour Toby Cayouette, ces changements sont le reflet de l’esprit de corps qui règne plus que jamais dans le groupe. « On ressent davantage le travail collectif et l’influence de chaque membre du groupe. »


Comment j’ai explosé - le titre d’une pièce instrumentale acoustique enregistrée d’un trait autour d’un micro - a été enregistré au studio Breakglass, avec l’aide de Jace Lacek, preneur de son (Patrick Watson, Suuns) et musicien (The Besnard Lakes). Mais le groupe n’a pas fait appel à un réalisateur, ne comptant que sur lui-même pour assouvir son désir de richesse sonore. « Jace nous a donné un coup de main, mais on était les maîtres à bord », dit Fargo.


Toby jette un oeil furtif du côté de son collègue. « Mais… cinq têtes fortes qui réalisent un album ensemble, c’est quelque chose. Humainement, quand il n’y a pas de médiateur, c’est pas mal plus dur. » Fargo opine, en précisant que ces jeux du coude les ont poussés vers l’avant. « Je pense qu’on s’est nous-mêmes sortis de nos barbelés. »

 

Vieux titres


Le groupe revisite sur ce nouvel opus deux titres anciens, Mes longbeach - tiré à quelques rares exemplaires pour les radios étudiantes et communautaires - ainsi que Retour à Véga. Ce dernier a été endisqué en 2002 par Pierre-Alain Faucon, mais ensuite grandement popularisé par les Montréalais de The Stills, d’où l’impression d’une reprise. « Je suis content qu’on se la réapproprie, avoue Fargo. On n’aurait pas pu le faire au 5ealbum, disons, il aurait été trop tard. En plus à la radio, c’est très à la mode de jouer des chansons déjà connues, non ? »


Chinatown lancera Comment j’ai explosé lors d’un concert gratuit mercredi au National, à Montréal, puis vendredi au Cercle à Québec (12,50 $), avant d’entamer la route des festivals, qui les mènera entre autres au Festival d’été de Québec.


Chinatown - Tôt ou tard