Des risques et des bonheurs

Mercredi soir, à l'avant-dernier rendez-vous de la deuxième saison des Monumentales de Bori (il y en aura une troisième), Stefie Shock était donc l'élu de Gaële. Stefie et Gaële, drôle de tandem, sur papier. Pas la même sorte de chanson. Justement. C'est l'intérêt. Gaële avait de nouvelles chansons à éprouver, Stefie un répertoire à revisiter. Ensemble? Ensemble. Pari tenu: monsieur Groove et mam'zelle Étincelle se sont accompagnés l'un l'autre tout au long de la soirée, avec des musiciens d'appoint et, pourquoi pas, un peintre en direct pour vendre des toiles à l'entracte (l'argent allant aux bonnes causes soutenues par elle et lui).

J'ai attrapé la première partie, et c'était ce que Bori avait annoncé: risques et bonheurs. Risque? Gaële a joué de l'accordéon sur du Stefie, et Stefie n'aime pas l'accordéon dans ses chansons. «T'as même pas fui», a dit Gaële à Stefie, toute contente. Risque? Stefie a joué de la batterie sur du Gaële, et il n'avait pas tapé des peaux sur scène depuis ses vingt ans. Bonheurs? L'accordéon sortait Stefie du moule Gainsbourg-Velvet Underground, et la batterie très Procol Harum (plein de roulements, je veux dire) rattachait à la terre la très volatile Gaële. Marrante, Gaële permettait à Stefie de relaxer, pour changer. Corde pétée à l'acoustique? Pas grave, on prend l'électrique. Faux départ? On recommence.

Ils avaient conçu le spectacle en jouant au tennis, ont-ils raconté. Ça se renvoyait en effet la balle, et les coups étaient beaux. Le Nénuphar de Stefie à l'acoustique, avec Gaële et la bassiste Amélie Mandeville aux refrains, était franchement splendide. Femme en ic, la «chanson chasse-complexe» de Gaële, avait du rebondi et du répondant, et la frappe de Stefie y était pour beaucoup (le solo de gazou de Gaële aussi). Épatant, tout ça. Longue vie aux Monumentales. On se dit que tous les jumelages ne pourront pas conduire autant d'électricité, mais ce n'est certainement pas une raison pour ne pas tout essayer.