Lancement-spectacle de Lisa LeBlanc au Lion d'Or - L'aboutissement du commencement

L’artiste acadienne Lisa LeBlanc lancait au Lion d’Or hier soir son tout premier album. <br />
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir L’artiste acadienne Lisa LeBlanc lancait au Lion d’Or hier soir son tout premier album.

Un lancement comme celui d'hier, on ne vit pas ça souvent. En vérité, je ne me souviens pas d'un accueil aussi joyeusement véhément, aussi furieusement heureux pour qui que ce soit, au premier album: le plus proche, dans mon palmarès des lancements triomphants, c'était pour un nouveau Daniel Bélanger au Métropolis, ça donne une idée. Exagération? Pas un iota d'exagération. Ça faisait la file du coin de la rue jusqu'à la porte du Lion d'Or, les gens se sont précipités dans la salle à 18h pile: on aurait dit une vraie de vraie première montréalaise d'artiste consacré, pas la performance inaugurale d'un disque sorti en magasin la veille.

Une petite journée avait suffi pour que tout le monde connaisse les paroles des chansons, Lisa n'en revenait pas: c'était bien elle la plus surprise. À ses côtés, Louis-Jean Cormier de Karkwa, ses musiciens de route Jean-Philippe Hébert et Maxime Gosselin, étaient moins surpris que réjouis. Comme nous. Quiconque a entendu le disque, quiconque a vu Lisa LeBlanc une fois sur scène savait que la suite allait être formidable. Elle l'est déjà. L'album est trop réussi pour ne pas produire un tel effet d'emblée.

C'est tellement rare que tout concorde à ce point: la bonne compagnie de disques (Bonsound), le bon réalisateur (Louis-Jean), le bon parcours (l'École nationale de la chanson, Granby, Petite-Vallée, Tadoussac, des spectacles à toutes les occasions), et surtout, surtout, rien d'autre que les chansons puissantes et terribles et tendres et jubilatoires qui devaient sortir du corps et du coeur de cette fille de Rosaireville, Nouveau-Brunswick. Rien de gâché, rien de trahi: la Lisa du disque est très exactement la Lisa qu'on voulait. Pareille, en mieux. Entière, pas tenable, drôle, chavirante, parfaitement à l'aise et complètement vulnérable. Tout ce que son irrépressible nature commandait a lieu. Et ça va continuer: ce dimanche, me dit-on, elle sera à Tout le monde en parle, et si Guy A. ne lui demande pas de chanter un bout de chanson, et si elle ne jette pas tout le monde par terre, je ne comprends rien à rien.

Comment ne pas aimer d'amour une fille qui se chante les entrailles avec autant d'abandon bienfaisant que dans Câlisse-moi là? C'est pas compliqué, on avait besoin de Lisa LeBlanc dans nos vies, et la voilà. Vivre sans son disque? Inimaginable.
4 commentaires
  • Francois Otis - Inscrit 29 mars 2012 19 h 44

    Sans la critique, il n'y a pas de fond à la culture.

    Je ne la connaissait pas, alors je suis allé voir tout ses clips sur youtube. Voici ma contre critique à propos de cette contre culture.

    Premier constat: Transpire ici l'ignorance crasse et la pauvreté du langage. Formule gagnante, s'il en est une, dans une société au prise avec 30% d'analphabétisme. Et quand on a des couplets composés de quatre fois la même phrase, se peut-il que la créativité ne soit pas au rendez-vous? Sans rîmes, sans contrainte de pieds dans les strophes, on chante les paroles à la va comme je te pousse. Les mots se bousculent parfois pour entrer dans la mesure sur le dernier temps. (Au secours!)

    Mais encore. Si ses discours du nombril étaient prétexte à une musique originale. Mais non pas du tout. Les même trois accords qu'utilisent tous les Québécois qui se respectent. Et dans le même ordre en plus. Pire, elle s'accroche dans ses accords. Et au lieu de reprendre l'enregistrement de ses clips, elle les difuse....

    La voix. Cette voix.... Ben c'est juste une voix. Que dire de plus. Je m'interroge sur la pertinence de suivre le parcourt de l'École nationale de la chanson, Granby, Petite-Vallée, Tadoussac. Pas convaincu du résultat. Fallait-il qu'elle soit vraiment mauvaise au départ pour en arriver à .... rien que ça.

    Du viscéral? Chanter "osti de marde" c'est viscéral maintenant? Ok, Mr. Cormier, vous voulez dire au sens littéral! Non mais sans blague, alors ça y est, on est rendu là culturellement? Il n'y a donc rien de plus riche qui peut s'élever des profondeurs de nos âmes.

    Je suis dur (même pas). Faut dire que je n'ai pas grandi à avaler n'importe quoi. J'écoutais du progressif. Ça c'est le genre de musique des année 70 où les paroles et la musique étaient très très très compliquées. Bien sûr il y avait du kétaine. Mais quand je compare le kétaine des année 70 avec celui d'aujourd'hui, franchement j'ai la nostalgie.

    Theillard de Chardin écrivait: "Tout ce qui monte converge." En vérit

  • Ginette Bertrand - Inscrite 30 mars 2012 01 h 15

    Cher Monsieur Otis

    Je ne connaissais pas la demoiselle LeBlanc ni d'Ève ni d'Adam, mais je suis une fidèle lectrice de Sylvain Cormier depuis 30 ans et il se trompe rarement. J'ai donc fait comme vous et je suis allée la voir sur You Tube. Depuis, j'ai le sourire fendu jusqu'aux oreilles. Elle m'a rappelé le Plume des débuts. Iconoclaste et marginal assumé et "engagé", si je puis dire, qui chante les petits travers de la vie dans lesquels on se retrouve tous un jour ou l'autre, mais sans le dire aussi crûment. Avec l'accent acadien et quelques instruments cajuns en prime, c'est fort réjouissant. J'en redemande!

  • Francois Otis - Inscrit 31 mars 2012 16 h 13

    Alternative au talent

    Très bien. Dans ce cas, puis-je proposer une alternative à votre définition du talent? Voici une alternative à "osti de marde" et aux trois accords essentiels:

    youtube Gala fransaskois de la chanson 2010
    Essayez alors Alexis Normand, Véronique Poulin, Marie-Philippe Bergeron, Annette Campagne ....

    En passant, je me vois forcé de rétablir la réptation de Plume après ce que je viens de lire. Il y a toujours eu du contenu dans les paroles de plume. Voilà tout est en ordre maintenant.

    Sans la critique, il n'y a pas de fond à la culture.

  • Guy Fawkes - Inscrit 31 mars 2012 22 h 55

    n a t i o n a LISA t i o n

    À defaut de pour mettre la main sur Energie Nouveau-Brunswick, est-ce que Le Devoir peut confirmer la rumeur qui prétend que Québec s'apprête à nationaliser Lisa Leblanc?

    Entk, je suggère qu'on envoi Plume et Gomez au Nouveau-Brunswick pour que ca se réalise. Au pire, on l'enlève et on demande une rançon au Nouveau-Brunswick pour régler le déficit du Québec. Et avec le reste, on se paye tous la traite.