Concert classique - Le beau dimanche

Programme intelligent, artistes sobres et consciencieux, orchestre impliqué: l'OSM, Jean-Marie Zeitouni et Benedetto Lupo nous ont offert l'archétype du beau concert dominical dans un programme pourtant sans concessions.

La première considération sera acoustique. L'air de rien, les recherches pour parfaire la salle se poursuivent, avec une nouveauté de taille: la présence de lattes de bois horizontales à la hauteur des panneaux du balcon. En revanche, le plafond avait été notablement relevé.

On ne notait aucun écho dommageable à la musique, chose importante dans des pièces aussi rythmiquement articulées que la Suite de danses de Bartók et Pétrouchka de Stravinski. Par contre, il incombe plus que jamais à l'orchestre de se doter d'une palette de nuances en deçà du mezzo-forte.

Excellent rythmicien, Zeitouni a campé un Bartók ferme, quoique un peu cossu et confortable. Cet «effet de masse» au détriment de la clarté analytique a peut-être une origine acoustique. Le chef, qui réussit décidément toutes ses apparitions avec l'OSM, a clarifié les plans d'un Boulez de jeunesse très sobre et s'est progressivement enivré d'un Pétrouchka culminant dans une enthousiasmante Fête populaire finale.

Le grand moment du concert fut le Concerto pour la main gauche par Benedetto Lupo, et notamment sa sublime cadence finale, jouée sans heurts avec une égalité, une fluidité à laisser pantois. Là où tous les pianistes atteignent le point de rupture en se battant contre une matière rétive, Lupo a atteint des sommets de poésie. Zeitouni s'est montré un excellent partenaire de ce tour de force.
1 commentaire
  • François Desjardins - Inscrit 12 mars 2012 08 h 47

    ...encore de bonnes nouvelles sur la salle... et plus sur la musique

    ...encore de bonnes nouvelles sur la salle... Le placher de bois de la salle va-t-il survivre à tout ce que les pieds des auditeurs charrie, en hiver surtout?