Un Zénith dans La Tulipe

Le fait est que le vénérable théâtre que gère La Compagnie Larivée Cabot Champagne, l'équipe des Cowboys depuis le début, était submergé par le nouveau show des Cowboys. Le show européen des Cowboys, je veux dire, à quelques morceaux près le même qui a fait exploser L'Olympia de Paris, le Forest National de Bruxelles et tous les Zénith entre les deux. Littéralement: un show de Zénith (6000-7000 places)pryé dans La Tulipe (1000 convives, maximum).

Le groupe avait l'attitude conquérante de l'autre continent, l'approche grandguignolesque des grosses places, le «salut Montréal!» trop immense et mille et un trucs conçus pour faire réagir les multitudes: déguisements hénaurmes (Jean-François Pauzé en Riddler déchaîné, Jérôme Dupras en mort-vivant...), acrobaties diverses (Karl Tremblay tenant une Fender en équilibre sur son front, Pauzé sautant à la corde avec un fil de guitare...), etc. La totale.

Évidemment, cette disproportion était reçue dans la joie et l'allégresse par les privilégiés présents: c'est pas tous les soirs qu'on en fait autant pour si peu de gens. Ça opérait tellement que les nouvelles chansons de l'album Que du vent passaient un peu inaperçues, éparpillées entre les nombreux hymnes à entonner (Symphonie pour Caza, Ti-cul, Si la vie vous intéresse aboutissant à la folie furieuse du Reel des aristocrates...). Du nombre, dans la longue première partie (j'ai dû quitter à l'entracte pour écrire ce texte à temps), une seule aura vraiment rejoint le peloton des classiques du groupe: Télé, féroce charge contre la visibilité à tout prix. Pas de chance pour les autres, à tout le moins pas encore: l'heure était au ticker-tape parade de nos héros et de notre héroïne. Légitime hourra.