Spectacles - Prince triomphe encore!

Prince, ce n'est vraiment pas mon terrain de jeu habituel. La mégastar du funk, de la soul et de la pop? Un respect doublé d'une méconnaissance, et peut-être d'un scepticisme. Qu'à cela ne tienne, vendredi soir, pour le passage de la tournée Welcome 2 Canada au Centre Bell, c'était mon tour de garde.

Alors, afin de me mettre à niveau, j'ai repris la même technique que lors du passage d'Elton John au Festival d'été de Québec: le téléchargement d'un bon vieux «best-of». Sauf qu'alors que je connaissais presque tout de sir John sans le savoir, là je suis resté pantois: j'ignorais pour ainsi dire tout de Prince, sauf peut-être Purple Rain et Kiss, et j'ai été hérissé par certaines textures vieillissant plutôt mal.

Devant mon désarroi, plusieurs collègues m'avaient rassuré: «Non, espèce d'ignorant sans goût, attends de voir, le gars sait jouer de la guitare et donne tout un spectacle.» Je paraphrase, là.

Mais bon sang, ils avaient raison. Prince sait vraiment jouer de la guitare et donne tout un spectacle. C'était un concert à grand déploiement, où il a réussi à rendre magique ce qui pourrait sonner cliché en d'autres circonstances. Comme tous ces «bonsoirs Montréal» lancés à répétition aux quelque 12 000 spectateurs. Comme les petits pas de danse chorégraphiés. Comme les canons à confettis pour Purple Rain.

Prince et ses talentueux musiciens — dont le saxophoniste Maceo Parker — avaient un immense terrain de jeu, soit une scène centrale prenant la forme de son «symbole», cette espèce de longue croix stylisée à tête ronde.

Le chanteur a pris quelques chansons avant d'accrocher sa guitare électrique et d'accompagner son groupe. Et avec une assurance et une attitude pas croyable. Mais encore, là où tout aurait pu être parodie, le chanteur de 53 ans répondait aux attentes, même en restant économe dans son jeu.

À son habitude, Prince a multiplié les versions allongées — Musicology a bien dû durer quinze minutes. Et le musicien de Minneapolis s'est aussi amusé avec quelques citations (Michael Jackson, Joan Jett).

Il faut souligner le travail des musiciens, et particulièrement des trois choristes qui, avec leur présence scénique dynamique, rendaient possible la magie. Chose certaine, les 1999, Little Red Corvette et Let's Go Crazy trouvent maintenant une nouvelle résonance à mes oreilles.