Le 22e gala de la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique - La revanche de Bobépine

La Bobépine de Plume Latraverse était au nombre des intronisées au panthéon des classiques de la SOCAN.<br />
Photo: Michel Gagné La Bobépine de Plume Latraverse était au nombre des intronisées au panthéon des classiques de la SOCAN.

Fabuleux gala. Fabula galeux. Falala gaga. Quelle soirée, les enfants, quelle soirée! J'en ai les mots qui se décomposent. Une soirée du genre qu'on se dépêche de raconter, de peur d'en perdre la saveur. Mercredi soir, j'ai marché vite du Hyatt au Devoir, pour tout dire à Pierre Beaulieu, qui est non seulement l'un des directeurs adjoints à l'information, patron du pupitre principal la moitié de la semaine, mais aussi un ancien chroniqueur de chanson rock. Quand je lui dis: imagine, il y avait Pag et Angelo Finaldi et Plume et Marjo et c'était rock'n'roll pas à peu près, il comprend. Marjo qui chante Illégal, J'lâche pas, Provocante en dansant entre des tablées déchaînées d'auteurs et de compositeurs fringués chic, il voit tout de suite. Plume au micro, il l'entend.

Plume Latraverse au gala de la SOCAN! On se pinçait. Sa Bobépine était au nombre des intronisées au panthéon des classiques de la SOCAN, c'était une bonne raison, mais il aurait pu ne pas venir, comme Serge Fiori, également honoré avec Richard Séguin pour Ça fait du bien. Mais non, il était là, et puisqu'il était là, on jubilait d'avance: ça voulait dire qu'il irait chercher son bel encadrement. Ce qui est arrivé. Tard, très tard. Après l'entrée, le repas principal, le dessert et tout un tas de plaques en verre et beaux encadrements distribués aux pairs. Comment a-t-il trouvé le podium, le cher homme? Il a certainement trouvé ses mots: «Me voici devant mes pairs... et mes mères, ainsi soit-il, viarge!» Et Plume de nous régaler de l'histoire de la véritable Bobépine, la «Vénus de Boticelli» de l'époque bénie de l'Association espagnole. «C'est une grande fille, elle a presque 40 ans...» La retrouver là, chanson d'abord «bannie des ondes», lui a inspiré ce cri: «La revanche de Bobépine!»

C'était une soirée de splendide collégialité, débridée, écartelée, pleine de créateurs, de vrais rockeurs et d'anciens staracadémiciens, où l'animateur ad hoc, le chanteur de charme Jean-François Breau, a parfaitement imité Kevin Parent, où le groupe Galaxie en performance performante a cassé la baraque, où Nicole Martin a soulevé l'assemblée en reprenant Il était une fois des gens heureux, la chanson du film Les Plouffe signé Stéphane Venne, lequel recevait le prix Excellence pour l'ensemble de son oeuvre. Un Venne en verve qui a expliqué pendant vingt bonnes minutes comment écrire un succès populaire.

C'était une soirée de jeunes gens émus et de vétérans irrépressibles. «Merci à Fred Fortin, mon Céline Dion à moi», a dit William Deslauriers. Pierre Létourneau, admirant la photo de son encadrement (pour l'intronisation de Laisse-moi partir et Oui paraît-il, grands succès de Nicole Martin), a dit «merci à Photoshop». Gilles Tremblay, lauréat du prix Jan V. Matejcek, a exhorté la salle à «expérimenter ce magnifique silence qui baigne toute la musique». Luc Plamondon et Lise Aubut se sont tellement interrompus l'un l'autre dans leurs compliments à Diane Juster (prix Hommage) que l'intéressée s'en est mêlée. Dumas, lui, a lu ses remerciements à partir de son iPhone, le regard baissé, en parfaite schizophrénie moderne. Et ainsi de suite, et j'en passe et des meilleures, pudeur oblige. La liste complète des honorés se trouve à l'enseigne Web de la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (www.socan.ca).