Coup de coeur francophone - Méga-Fiable: basse fidélité, grand plaisir

Pour une deuxième fois en trois ans, le Coup de cœur francophone fait confiance au petit label punk Méga-Fiable pour organiser une de ses soirées, qui promet d'être un long feu roulant de rock sincère fait dans le plus pur des plaisirs. Le concert de demain risque d'être en parfaite harmonie avec l'esprit de cette étiquette où le fait main est roi.

À une époque où les productions hermétiques pullulent et où le gentil et le poli deviennent un préalable, les groupes arborant le «MF» de Méga-Fiable sont comme un baume pour les oreilles. Ou plutôt du papier sablé pour ceux que le vernis agace. Certes, les disques Méga-Fiable ne sonnent pas toujours bien, ils dérangent un peu et les noms de groupes sont bizarres. «Mais c'est du punk pour le fun», résume Félix B. Desfossés, musicien dans le groupe L'Équipe et membre du label depuis 2000.

Fondée officiellement en 1998 à Évain, en Abitibi, la maison de disque est davantage une signature sonore qu'une réelle entreprise musicale. Oui, depuis 2007 le nom Méga-Fiable a été enregistré officiellement, mais l'étiquette reste un repère d'amis qui aiment la musique garage. «Pas garage dans le sens sixties, précise Desfossés, mais dans le sens un peu tout croche. C'est l'approche "do it yourself" du punk qui nous intéresse. En gros, Méga-Fiable c'est un sceau, ça vient de la même place, c'est fait avec la même démarche.»

Cette «place», c'est un garage abitibien où le groupe Les Sprates ont enregistré un premier essai, intitulé On sort un démo, et sur lequel ils avaient apposé les mots «Méga-Fiable». «C'était enregistré avec un petit ghetto blaster dans le garage, alors c'était dans le sens de pas fiable pantoute!, explique Desfossés, lui-même natif d'Abitibi. Ce garage-là est devenu le lieu de répétition de tous les groupes punk ou moindrement rock'n'roll. Et seuls les gens du garage avaient le droit de sortir de quoi sur Méga-Fiable. Ça s'est élargi un peu depuis, comme avec Les Vautours.»

Sur Méga-Fiable, on retrouve des groupes comme Déjà-vu, Kid Sentiment, Les Petits Paquets, Les Crapules, Les Prostiputes, Jesuslesfilles, et on en passe. Tous ou presque ont leur propre logo, le genre qu'on coud comme une patch sur un manteau de jeans ou de cuir, c'est selon.

Demain, dans le petit Escogriffe, rue Saint-Denis, ils seront six groupes à l'affiche: Nique à feu, Les Sprates, Le Monde dans le feu, Jambe, L'Équipe et Bonne journée!, qui feront leur spectacle d'adieu. «Chaque groupe joue une vingtaine de minutes, explique Félix B. Desfossés. C'est le même équipement sur scène, ça devient un genre de chaîne humaine. Si on compte, il y a trois musiciens qui jouent dans trois des groupes, et un autre qui joue dans deux groupes!»

Ça reste dans la famille, quoi.

L'Équipe: Pacemacoeur