Concerts classiques - Waouh

Montréal est doté depuis hier soir d’une autre nouvelle salle de concert, la Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal, et ce, trois semaines après la Maison symphonique. D’une capacité de 444 places, cette salle de la rue Sherbrooke, attenante au nouveau Pavillon d’art québécois et canadien du musée, est embellie par la présence de vitraux Tiffany rétroéclairés. Elle répond aux besoins de maints ensembles musicaux de la métropole et fonctionnera grâce aux revenus d’une fondation, la Fondation Arte Musica, constituée par le philanthrope et mécène des arts Pierre Bourgie. Les premières notes entendues, celles de la glorieuse introduction des Vêpres de la Vierge de Monteverdi, ont préludé à la création d’un Double trio d’Eliott Carter, 102 ans, doyen des compositeurs. Ce rapprochement visait à symboliser la diversité de la programmation artistique du nouveau lieu. Les concerts publics dans cette nouvelle salle auront lieu à partir du 11 octobre.<br />
Photo: François Pesant - Le Devoir Montréal est doté depuis hier soir d’une autre nouvelle salle de concert, la Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal, et ce, trois semaines après la Maison symphonique. D’une capacité de 444 places, cette salle de la rue Sherbrooke, attenante au nouveau Pavillon d’art québécois et canadien du musée, est embellie par la présence de vitraux Tiffany rétroéclairés. Elle répond aux besoins de maints ensembles musicaux de la métropole et fonctionnera grâce aux revenus d’une fondation, la Fondation Arte Musica, constituée par le philanthrope et mécène des arts Pierre Bourgie. Les premières notes entendues, celles de la glorieuse introduction des Vêpres de la Vierge de Monteverdi, ont préludé à la création d’un Double trio d’Eliott Carter, 102 ans, doyen des compositeurs. Ce rapprochement visait à symboliser la diversité de la programmation artistique du nouveau lieu. Les concerts publics dans cette nouvelle salle auront lieu à partir du 11 octobre.

Le «waouh!» d'admiration qu'a suscité la découverte de la Salle Bourgie inaugurée hier soir, on aurait bien aimé le pousser le 7 septembre dernier, à l'ouverture de la Maison symphonique. On aura donc attendu, pour cela, l'ouverture d'un autre lieu résultant d'un autre type de partenariat public-privé, celui entre le Musée des beaux-arts de Montréal et un mécénat incarné par le philanthrope Pierre Bourgie, au nom de toute sa famille.

Ce mécène, qui a convaincu le musée de convertir l'ancienne église Erskine and American en salle de concert, avait confié récemment avec humour au Devoir, ne pas avoir eu les moyens de traiter «avec des acousticiens qui coûtent un million avant même d'avoir ouvert la bouche». Il n'avait pas non plus, il est vrai, l'ambition de concevoir la meilleure salle au monde! Partisan de l'excellence dans la simplicité, Pierre Bourgie est allé consulter des spécialistes d'ici. Il a gagné son pari, et toute l'équipe qui l'entoure aussi.

On connait les M&M's, qui «fondent dans la bouche, pas dans la main». Ici, «M et M», musique et musée, se fondent pour le plaisir des yeux et des oreilles. La Salle Bourgie est d'abord une belle salle, avec un vrai cachet et un grand confort. Les vitraux Tiffany ne perturbent pas l'acoustique. Celle-ci est généreuse (autant que le mécénat!), aérée, avec un spectre certes riche en médiums mais globalement équilibré. La clarté est excellente, à en juger par les expériences de spatialisation de cuivres ou la distinction précise de la localisation des cinq instruments accompagnateurs du choral de la Cantate BWV 51.

Aux politiciens et personnalités de la jet-set québécoise réunis il y a trois semaines, succédaient, lors de cette inauguration-ci, des amateurs d'art et de très nombreux musiciens. Dommage que tous n'aient pas eu la courtoisie d'honorer l'invitation jusqu'à la fin de la soirée, d'autant que le point culminant du concert fut l'interprétation rageuse et dense du Quintette avec piano de Brahms par André Laplante, Mark Fewer, Pascale Giguère, Douglas McNabney et Matt Haimovitz.

Pour l'occasion avaient aussi été commandées deux compositions défendant une même conception de la modernité. L'oeuvre cuivrée «surround» de Maxime McKinley a au moins un certain esprit. Quant au Double Trio de Carter, il n'a fait se lever que les commanditaires. Le compositeur de 102 ans reste dans l'actualité musicale par sa longévité. Sa musique, elle, même si parfaitement ficelée, est déjà morte depuis longtemps.
3 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 29 septembre 2011 09 h 53

    La salle Bourgie? Berk


    Quand nos petits enfants qui iront éventuellement assister à un concert dans la nouvelle salle demanderont à leurs parents : "C'est qui ça Monsieur Bourgie?" et qu'il se feront répondre que c'était un entrepreneur de pompes funèbres, comment pensez-vous qu'ils vont réagir?

    Ils vont dire : "Ah bon!"

    Alors ne pensez-vous pas qu'on devrait donner le nom d'un compositeur ou d'un interprète à cette salle pour que ce soit l'occasion pour des parents ou des enseignants éventuellement d'instruire leurs enfants ou leurs élèves ?

    On fait la même erreur à mon avis quand on décide de nommer un aréna Le Centre Bell, des courts de tennis Le centre Uniprix ( ou quelque chose de semblable) etc etc

    Ne pensez-vous pas qu'on est en train d' oublier à quoi ça doit servir le nom que l'on donne à un espace public ou privé destiné aux masses?

    On peut reconnaître que monsieur Bourgie est un homme généreux. On pourrait le souligner par une plaque quelconque. Mais a-t-on raison de donner son nom à une salle de concert? Moi je dis non. Monsieur Bourgie ne mérite pas d'être glorifié à ce point.

    Etant donné l'importance qu'on apporte de nos jours à l'argent et à ce qu'il permet on est en train d'oublier le vrai sens des valeurs, on est en train de déshumaniser notre société.

    Et pour finir moi j'ai décidé d'appeler la nouvelle salle de concert de l'OSM: La salle de l'OSM, parce que je trouve affreux qu'on l 'appelle La Salle symphonique étant donné que ce n'est pas la salle qui est symphonique mais l'orchestre.

  • Jean-Pierre Audet - Abonné 29 septembre 2011 10 h 39

    Plein accord avec M. Lapointe

    Publicité par ci, publicité par là, mais quand va-t-on publiciser l'art plutôt que les mécènes ? Ces derniers sont précieux, mais de grâce un peu de discrétion !

    L'homme est important certes, mais c'est en tant qu'être humain, pas en tant que personnalité généreuse et généreusement applaudie.

    Quant à la salle de l'OSM, j'aurai plaisir à la courtiser au moins six fois cette année, même si M. Huss lève le nez sur son acoustique. Je vérifie très bientôt par moi-même.

  • François St-Pierre - Abonné 29 septembre 2011 21 h 18

    Salle Bourgie? Pourquoi pas?

    Je ne vois absolument rien de répréhensible à ce que la salle porte le nom de quelqu'un qui a grandement contribué à sa construction. J'irai avec plaisir dans cette salle, tout comme je vais à Carnegie Hall ou à la salle Avery Fisher, en étant reconnaissant pour ceux qui ont mis leur fortune au service de la musique.
    Je dis donc merci à monsieur Bourgie, pour avoir posé un geste très positif pour le Québec. C'est un geste publicitaire, dira-t-on? Pis après! Vaut mieux un concert avec André Laplante qu'une pub de McDonald.