La fête à la Maison symphonique de Montréal

À la découverte de la nouvelle salle  Quelque 4000 personnes ont participé à l’opération portes ouvertes de la Maison symphonique organisée hier par l’OSM. Les plus chanceux ont même été accueillis par le maestro Kent Nagano lui-même.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir À la découverte de la nouvelle salle  Quelque 4000 personnes ont participé à l’opération portes ouvertes de la Maison symphonique organisée hier par l’OSM. Les plus chanceux ont même été accueillis par le maestro Kent Nagano lui-même.

Au lendemain de son inauguration, les Montréalais ont fait la fête à la Maison symphonique de Montréal (MSM). Ils se sont pressés en nombre à l'opération portes ouvertes organisée par l'OSM. Cette grande ouverture populaire a attiré 4000 personnes, la file d'attente s'étendait jusqu'au TNM. Le public se trouve chaleureusement accueilli — même par le maestro Nagano lui-même, pour les plus chanceux! — dans ce lieu destiné à devenir un des principaux pôles culturels de la métropole.

Comme ce fut le cas pour ses premiers visiteurs, la chaleur, la clarté et la convivialité du lieu semblent susciter une admiration unanime. Ces portes ouvertes voulues par Kent Nagano, avec prestations de musiciens et ensembles de toutes les régions du Québec, se poursuivent aujourd'hui et demain.

Parallèlement à l'inauguration de la nouvelle salle, le développement du fonds de dotation destiné à soutenir l'OSM est une autre source de satisfaction pour l'ensemble en résidence. Ce fonds, constitué sous l'énergique houlette d'Hélène Desmarais, de l'empire Power Corporation, se monte désormais à 56 millions de dollars en dons et promesses de dons. Selon les informations données par Madeleine Careau, chef de la direction de l'OSM, au Devoir, 33 millions étaient déjà en caisse mardi dernier, le reste étant constitué de promesses s'échelonnant jusqu'à dix ans. Ces dividendes de ce fonds viendront, sur le modèle américain, nourrir le budget de l'orchestre afin de garantir son avenir.

Bénéfices pour l'orchestre

Autre bonne nouvelle pour l'OSM: après avoir donné au lieu le nom de Maison symphonique de Montréal, Christine St-Pierre, ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, a signé une entente avec la Fondation de l'Orchestre symphonique de Montréal. Cette dernière pourra «solliciter des dons du secteur privé en contrepartie de l'identification et de la dénomination de divers espaces du nouveau bâtiment dont la salle, les foyers ainsi que l'entrée des artistes». Cet outil est évidemment majeur pour développer encore davantage le fonds de dotation de l'orchestre.

Les musiciens ont, eux aussi, beaucoup à gagner de l'existence de la Maison symphonique. Le confort acoustique qu'ils ressentent va permettre de raffiner leurs interactions et de millimétrer nuances et attaques. Il saute aux oreilles même les plus béotiennes que la nouvelle salle a un rendement acoustique incomparablement supérieur à Wilfrid-Pelletier. Du plaisir de jouer des uns naîtra le plaisir d'écouter des autres!

On entend beaucoup de choses dans la MSM et personne ne peut plus se cacher. Elle va donc aussi révéler la vraie valeur des ensembles et des musiciens. On va enfin savoir si le pupitre de cors de l'OSM était simplement défavorisé par l'acoustique de Wilfrid-Pelletier ou s'il manque réellement de relief. On découvrira aussi la faculté des trompettes de jouer piano. Le défi sera encore plus grand pour l'Orchestre métropolitain. Dans cette salle, ainsi mis à nu, comment sonneront ses violoncelles, par exemple?

Une nouvelle étape


Nous attendions mercredi, lors de l'ouverture, des moments de grâce, de frémissements acoustiques. Ils se sont concentrés en début de soirée, dans une oeuvre pour choeur seul de Vivier et dans la sidérante prestation de Timothy Hutchins jouant, collé sur le mur du fond, à hauteur du balcon, une composition pour flûte seule de Tremblay. Jamais la salle Wilfrid-Pelletier n'aurait permis d'entendre tant de différentes émissions sonores et d'aussi subtiles dynamiques.

On espère maintenant ressentir les mêmes vibrations, trouver la même pureté, la même clarté, homogénéité et réactivité quand l'orchestre joue sur scène. À ce titre, l'adaptation acoustique risque d'être plus longue que prévu. Il faudra aussi corriger des problèmes d'équilibre dont plusieurs viennent assurément du positionnement de l'orchestre sur scène. Dans une déclaration à l'Agence France-Presse, Kent Nagano se donne «un an et demi» pour apprivoiser la salle.

Le ministère va aussi, bien sûr, profiter de son contrat d'un an avec les ingénieurs d'Artec dans le but de peaufiner l'acoustique. Pour le Chan Center de Vancouver, inauguré en 2006, ce réglage, selon des observateurs, a effectivement pris une bonne année. Soyons patients... Nous avons déjà tant attendu!
8 commentaires
  • amaranta - Inscrit 9 septembre 2011 02 h 54

    ouf!

    Vous me semblez déjà plus nuancé qu'hier. Ayant un abonnement à l'OSM, j'étais un peu découragé. Sachant que le son y est meilleur que dans la salle Wilfrid-Pelletier, je me sens déjà mieux. Merci pour ces précisions!
    Soyons patients et optimistes.

  • Jean Lapointe - Abonné 9 septembre 2011 07 h 57

    A quand la petite salle Power Corporation?


    Lisez-bien ceci: "après avoir donné au lieu le nom de Maison symphonique de Montréal, Christine St-Pierre, ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, a signé une entente avec la Fondation de l'Orchestre symphonique de Montréal. Cette dernière pourra «solliciter des dons du secteur privé en contrepartie de l'identification et de la dénomination de divers espaces du nouveau bâtiment dont la salle, les foyers ainsi que l'entrée des artistes».

    1- Il me semble que ce n'est pas la maison qui soit symphonique mais l'orchestre. Pourquoi pas alors la Maison de l'OSM au lieu de la Maison symphonique? C'est quoi une maison symphonique? Serait-ce une maison harmonieuse?

    2- Est-ce que nous devons nous attendre à ce que différents espaces de l'édifice en viennent à porter le nom des commanditaires? On aurait alors les vestiaires Power Corporation , que madame Desmarais connaît bien, les toilettes Rio Tinto, le mur Rogers, les urinoirs Vidéotron, le fumoir Bell, le snack bar McDonald etc etc etc.

    On le voit bien. la publicité nous envahit de plus en plus. Quel beau spectacle ce sera! Le privé empiète de plus en plus sur le public et le vide du sens qui pourrait lui être donné.

    Est-ce qu'il ne serait pas préférable par exemple de donner à ces espaces le nom d'hommes ou de femmes dont nous voudrions célébrer le souvenir?

    On connaît déjàt hélas Le Centre Bell, le Colisée Pepsi, les bixi Desgardins, Rio Tinto, Rogers etc.Pourquoi pas plutôt le Centre Maurice Richard?

    Mais quelle sorte de paysage urbain sont-ils en train de nous fabriquer ces gens-là ?

    Ne serait-il pas temps de mettre fin à toutes ces horreurs?

    Ils sont en train de déshumaniser complètement notre milieu de vie.

    Suis-je le seul à m'en offusquer?

  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit 9 septembre 2011 11 h 26

    M Lapointe

    Si le privé vient en aide au publique en fournissant de généreuses contribution qui aident les gouvernement déjà en crise financière, quel mal y a t il à lui accorder un peu de publicité? Si le nom est de bon gout. Pourquoi pas LA SALLE DE CONCERT DE L'OSM (avec le nom du commanditaire qui pourrait changer dans le temps) MOLSON ou RIO TINTO ou ROGERS. À la condition que ce ne soit pas une société gouvernemental comme LOTO QUÉBEC ou HYDRO QUÉBEC ou autre car dans ces cas c'est l'équivalent d'une taxe et d'argent publique.

  • Roland LeBel - Inscrit 9 septembre 2011 12 h 41

    Idéologie oblige.

    Certain ne peuvent pas se résoudre à dire du bien, idéologie oblige, d'un PPP réussi. Imaginez un peu si ces individus un brin obtus sont contraints d'emprunter le nouveau pont haubané de la A-27 pour se rendre à la nouvelle maison de l'O.S.M.

  • camelot - Inscrit 9 septembre 2011 12 h 42

    Non non et non

    «solliciter des dons du secteur privé en contrepartie de l'identification et de la dénomination de divers espaces du nouveau bâtiment dont la salle, les foyers ainsi que l'entrée des artistes».

    Quelle bavure !

    Pour une fois qu'on a une institution saine et exempte de la pollution publicitaire des commanditaires je m'oppose vigoureusement à cette initiative. Elle a déjà fait trop de dégâts à Montréal et ailleurs. Comme le planétarium Tinto-Alcan et tutti-quanti.

    Ces vautours ne respectent rien en plus d'avilir ltout ce qu'ils touchent. Jamais Jean Drapeau n'aurait accepté cette situation. On peut signaler leur générosité dans les programmes, au micro ou sur une plaque. Mais jamais au grand jamais leur donner l'espace principal.

    Ces espaces que la ministre a identifiés doivent porter les noms de ceux qui ont contribué à l'art musical au Québec, ils sont nombreux et ignorés. Louis Jolliet était claveciniste et organiste. René-Louis Chartier de Lotbinière jouait de l'épinette, Élizabeth Bégon possédait un clavecin. Marie de Saint-Joseph de la Troche-Savonnière, jouait de la viole de gambe, pratiquait le chant. De Maisonneuve jouait du luth, La liste est interminable. Honorons-les.

    Qui s'en souvient ?