Impasse dans les négociations à l'OSM: la ministre St-Pierre garde espoir

La ministre de la Culture, Christine St-Pierre, fait toujours confiance à la négociation entre la direction de l'Orchestre symphonique de Montréal et le syndicat des musiciens, malgré l'impasse constatée par le syndicat qui vient de suspendre les négociations pour les vacances d'été.

Au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne hier, la ministre de la Culture et des Communications a dit garder espoir. «Je comprends que pour les prochaines semaines, il n'y a peut-être pas grand-chose qui puisse progresser puisqu'il y a bien des gens en vacances. Mais je n'ai pas vu de porte fermée, de fin de non-recevoir, j'ai juste vu qu'ils avaient décidé de prendre une pause», a-t-elle commenté.

«Tout le monde veut voir l'ouverture de la nouvelle salle de concert. Et la nouvelle salle de concert, c'est la résidence de l'Orchestre symphonique. Alors on a besoin de les avoir pour faire cette ouverture-là», a ajouté la ministre St-Pierre.

Elle a souligné que plusieurs orchestres symphoniques aux États-Unis ont fait faillite. «Nous, notre orchestre est en bonne santé; on a d'excellents musiciens, une réputation internationale, alors je pense qu'on doit laisser le processus de négociation suivre son cours. Moi, je fais confiance à la négociation», a-t-elle dit.

Du côté de la direction de l'OSM aussi, on affirmait garder espoir de réussir à s'entendre avec le syndicat des musiciens.

Lundi, le syndicat des musiciens a annoncé qu'il préférait surseoir aux rencontres de négociations pour la durée des vacances d'été, affirmant constater une impasse dans ses négociations avec la direction de l'orchestre.

En progression

Interrogée à ce sujet hier, la direction de l'orchestre a dit continuer de souhaiter «un règlement le plus rapidement possible» avec ses musiciens.

Chef des relations avec les médias pour l'orchestre, Céline Choiselat a affirmé qu'il était trop tôt pour se prononcer sur les suites de la négociation puisque selon elle «ça progresse» toujours. Elle a rappelé que la médiation était «encore en cours» malgré cette pause pour les vacances d'été.

À son tour, la Guilde des musiciens a dit souhaiter un règlement le plus rapidement possible en vue d'obtenir une nouvelle convention collective.

En entrevue, la directrice générale de la Guilde, Mylène Cyr, a confirmé que la suite des choses sera décidée après les vacances d'été, en août. «La prochaine étape, c'est de rencontrer les musiciens de l'Orchestre symphonique pour faire le point et voir quelles seront les étapes suivantes», a-t-elle dit.

Des moyens de pression seront-ils envisagés pour la nouvelle saison de l'orchestre? «À ce stade-ci, il n'y a rien qui est exclu, mais encore une fois, c'est ce qui va être discuté en assemblée générale», a précisé Mme Cyr.

Les points en litige portent sur la rémunération, la tâche et le régime de retraite.

Les musiciens de l'OSM revendiquent notamment la parité avec les musiciens de l'Orchestre symphonique de Toronto, qui viennent de conclure une nouvelle convention collective avant même l'échéance de la convention qui était encore en cours.

Les musiciens de l'OSM revendiquent également une hausse de la contribution de l'orchestre au régime de retraite.

Ils veulent aussi voir leur tâche allégée, comme le nombre maximal d'heures de travail ou de semaines consécutives de travail, rapporte Mme Cyr.

Lassitude

Le syndicat avait déjà affirmé, en entrevue, qu'il souhaitait vivement s'entendre avec la direction avant l'été afin de pouvoir partir à neuf pour la nouvelle saison de l'orchestre et sa nouvelle salle de concert, qui sera inaugurée en septembre.

Mme Cyr reconnaît une certaine lassitude de la part de ses membres à l'OSM. «Ça fait presque un an, maintenant, qu'on négocie. Les premières offres [patronales] ont été rejetées à l'unanimité. On constate qu'il y a eu plusieurs, plusieurs rencontres et les gens aimeraient que ça se règle, mais ce n'est pas le cas pour l'instant.»

Le syndicat compte 92 musiciens à l'OSM. Il est rattaché à la Guilde des musiciens du Québec, qui compte 3300 membres, qui est affiliée à la FTQ, une centrale syndicale de plus de 600 000 membres.