The B-52s en clôture à la place des Festivals - À moyenne énergie, moyenne contagion

Difficile d’imaginer plus idoine proposition pour une dansante surboum en pleine place des Festivals que le rock rétro-futuriste des B-52s.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Difficile d’imaginer plus idoine proposition pour une dansante surboum en pleine place des Festivals que le rock rétro-futuriste des B-52s.

On avait annoncé le plus gros party sur la planète, hier soir en événement de clôture du FIJM. Dame! Programmer les B-52s, le groupe kitsch-cool-rétro-futuriste chouchou des années new wave, ça ne pouvait rater. Tout le monde aller rappliquer. Montréal allait danser le jerk.

Constatons. Immense foule? Oui. Foule en délire? Ce serait beaucoup dire. Parlons d'un délire contenu. Gigantesque Love Shack, méga Funplex, discothèque «de l'an 3000» à ciel ouvert, Montréal à gogo? Pas exactement. La faute incombe aux B-52s, qui avaient théoriquement tout ce qu'il fallait pour faire bouger les multitudes en rythme, mais ne se démenaient pas tellement, finalement. Surtout

Fred Schneider, nettement moins meneur de claque que prévu. Était-il abasourdi par le nombre, ou tout bêtement désabusé? Le fait est qu'il ne poussait pas à la frénésie, à tout le moins jusqu'à la salve finale des tubes imparables, triplé de choc Love Shack-Planet Claire-Rock Lobster.

Les filles en faisaient plus, mais à leurs moments, et ces moments-là étaient espacés. Quand ça leur prenait, Kate Pierson et Cindy Wilson redevenaient les go-go girls de leurs vingt ans et ça se déhanchait jusqu'à la Catherine, mais c'était bref, trop bref, et la foule retombait vite au (relatif) neutre. Le collègue Philippe Rezzonico notait fort justement qu'elles s'occupaient moins de danser que de chanter, et leurs vocalises à la Shangri-La's intersidérales allaient en effet puissance et justesse.

Peut-être est-ce là tout ce dont le groupe est capable aujourd'hui: une honnête bringue, et une poignée de titres véritablement explosifs. Peut-être le souvenir du très délirant clip vidéo de Love Shack était-il trop formidable. La vérité est que les B-52s vivaient mal la transposition de leur show de gros club — bon pour le Métropolis, disons — dans le contexte du grand show extérieur du FIJM. Les B-52s, après du Brian Setzer Orchestra, c'était quand même un peu petit. Cool, encore et toujours cool, mais limité.
6 commentaires
  • aWc - Abonné 5 juillet 2011 09 h 27

    le contraire...

    ...mon cher Cormier: c'est la foule qui manquait d'énergie! (assommée par la chaleur et la "densité"?). Un excellent show tout de même. Les filles très en voix!!! J'ai vu le groupe en '80 et en '93 et je peux dire qu'ils vieillissent très bien. Ils sont toujours aussi fous et "weird". Je trouve le public de Montréal de plus en plus blasé et paresseux.

  • Joël Paquin - Abonné 5 juillet 2011 09 h 30

    Ouais


    Bien d'accord, ça a pris un long long moment avant que le show ça lève, j'avais un peu le même malaise à les voir un peu trop calme, un peu trop papis, moi le fan depuis l'époque de ce fantastique album jaune.

    Ya que la fort sympathique Kate qui voulait tout casser. Fred avait l'air un peu constipé et Cindy ben trop tranquille.

    C'est triste mais il y a un moment où il faut considérer accrocher les perruques en hauteur, et arrêter, j'imagine...

    Joël

  • Limila - Inscrit 5 juillet 2011 09 h 39

    Déçue

    Vraiment sans intérêt, je suis partie bien avant la fin. Ils ont fait leur job, sans plus. Il manquait l'essentiel, la dynamique, les émotions.
    Ma premiére déception au FIJM, à la hauteur de ce qui était annoncé (je ne connaissais pas ce groupe).

  • Joël Paquin - Abonné 5 juillet 2011 10 h 14

    Ouais 2


    C'est tout à fait vrai aWc, leurs voix n'ont pas pris une ride, c'était assez extraordinaire (et même la partie keyboard de Planet Claire chantée par Kate, wow!).

    Joël

  • Maryse Veilleux - Abonnée 5 juillet 2011 11 h 13

    Remise en contexte...

    ... il ne faut pas oublier que ces gens sont dans la soixantaine, je serais curieuse de voir ceux qui les critiquent lorsqu'ils auront le même âge. Ce n'est pas non plus un groupe qui a fait plusieurs "hits", cela aussi ça joue... pour des gens de 60 ans, je les ai trouvé excellents.