Pause dans les négociations à l'OSM

Les négociations entre l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) et ses musiciens sont suspendues. L'annonce en ce sens, par la FTQ et la Guilde des musiciens, est intervenue, hier en fin d'après-midi, dans un communiqué.

«Après près d'un an de négociations [...], la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec constate que c'est l'impasse et sursoit pour le moment aux rencontres.» C'est ainsi que débute le communiqué de la FTQ. La première rencontre des deux parties en présence du médiateur nommé il y a un mois n'a pourtant eu lieu que le 17 juin dernier.

«Nous ne quittons pas la table de négociations. Les négociations sont en sursis. Nous allons probablement reprendre en août, après avoir consulté nos membres en assemblée générale», tient à préciser au Devoir Serge Desgagnés, représentant des musiciens au comité de négociation.

Plus que de témoigner d'une gradation dans la tension entre les deux parties, la suspension semble être une sorte de pause dans l'attente du retour de vacances des membres de l'orchestre, avant les concerts de Lanaudière dans trois semaines. «Il n'y a pas suffisamment de progrès à la table pour que l'on continue de négocier», résume Serge Desgagnés.

De nouveaux éléments apparaissent dans les points de discorde. Le niveau normatif (conditions de travail), «très proche d'un règlement» selon les propres termes du représentant des musiciens en entrevue au Devoir il y a un mois, devient un point de crispation majeur aujourd'hui. C'est même le premier objet du litige à présent: «Nous comptons sur la période estivale pour que la direction de l'OSM prenne conscience que la surcharge de travail qu'elle voudrait imposer aux musiciens et musiciennes risque de miner leur état de santé de même que leur performance», indique le communiqué.

Insuffisant

Quant aux avancées salariales, qui cristallisaient le problème, elles sont encore insuffisantes selon M. Desgagné. Le comparatif par rapport à

l'Orchestre symphonique de Toronto (TSO) est plus que jamais mis en avant, d'autant que l'administration et les musiciens du TSO viennent de signer une entente: «Nous sommes 19 % en arrière sur la rémunération de Toronto. Nous croyons qu'il doit y avoir rattrapage par rapport à cet écart-là», dit le représentant des musiciens.

L'OSM n'avait pas encore réagi, hier soir, à la situation. Tout ce qui peut se passer avant l'ouverture de la salle, le 7 septembre, n'est que conjectures: «Je vous laisse spéculer. Ce qui est sûr c'est qu'il y a un malaise croissant chez les musiciens», conclut Serge Desgagnés.