L'année du Prince

Quatre heures avec Prince pour une formidable démonstration de funk mâtiné de soul, de rock, de blues, de jazz.<br />
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Quatre heures avec Prince pour une formidable démonstration de funk mâtiné de soul, de rock, de blues, de jazz.

Nous avons cette année l'embarras du choix dans le domaine «moment princier de l'été 2011 à Montréal»: William ou Rogers Nelson? Jolie robe de Kate ou grooves profonds de «The Artist»? À chacun ses choix, mais la performance offerte par Prince — le seul et unique — en lever de rideau du festival fut mémorable. Royalement bonne. On lui donne le trône du bilan.

LE moment: Prince, donc. Quatre heures pour une formidable démonstration de funk mâtiné de soul, de rock, de blues, de jazz. Quatre heures au pied d'un guitariste géant, brûlant. C'était précis, puissant, totalement groovy... Le roi de la pop, c'est son Prince.

Le moment séduction: Jill Barber. Si sa tenue de cygne noir avait eu une poche, Jill Barber y aurait mis chaque spectateur du Club Soda dimanche. Son jazz-folk rétro est charmant, et Barber l'est tout autant. Alors.

Le moment de lumière: Cette photo d'Esperanza Spalding avec un halo accroché dans son afro... La jeune chouchoute d'Obama a été électrisante à Maisonneuve. Mi-jazz, mi-classique, son projet Chamber Music Society révèle la trilogie de ses talents: chant agile, jeu virtuose à la contrebasse et présence sur scène inoubliable.

Le moment faux: Madeleine Peyroux. C'était son deuxième spectacle de la soirée, d'accord. Elle aime étirer les harmonies aux confins de la discordance, d'accord. Mais franchement,

Peyroux à 21h30 mercredi dernier chantait faux. Et dégageait autant d'énergie que Jacques Martin en conférence de presse.

Le moment «elle vient de lui voler le show»: Sophie Hunger, au détriment de Madeleine Peyroux. Hunger, c'est de l'incandescence pure. Énergie sauvage, présence en scène hypnotique, bon jeu au piano et à la guitare, voix singulière. En français, en anglais, en allemand, en tout point bon.

Le moment duo: Brad Mehldau et Joshua Redman. Un dialogue sax-piano d'une grande beauté, porté par deux immenses artistes au jeu complémentaire, riche et intelligent.

Le moment mou: Diana Krall. C'était son premier concert solo, et cela paraissait par moments. La pianiste peinait à se suivre elle-même sur certains morceaux qui auraient demandé une plus grande dextérité pour bien rendre hommage aux héros visés.

Le moment déflagration: Tigran Hamasyan au Gesù. Il s'éjectait du banc de piano après chaque solo, et on a bien cru qu'il allait réellement s'envoler quelque part dans ces 90 minutes de fureur jazzistique.

Le moment poésie: Anouar Brahem. Pour chacune des notes de son oud.