Entrevue avec Fred Schneider des B-52s - Ils font encore la bombe!

Indéniablement, les B-52s ne sont pas tuables. «Nous sommes les zombies de l’histoire du rock!»<br />
Photo: Joseph Cultice Indéniablement, les B-52s ne sont pas tuables. «Nous sommes les zombies de l’histoire du rock!»

Nous serons 100 000, peut-être bien plus, au mégaparty des B-52s en clôture du FIJM ce lundi. Cent mille sardines à l'huile place des Festivals. Heureusement, il ne faut pas beaucoup d'espace pour se dévisser le corps en twist ou en jerk. Un «love shack», vous dis-je, ce sera un gigantesque «love shack, baby»! Folle bringue, ce sera, la guitare dans l'hymne national du crustacé Rock Lobster surfera sur la foule, Keith Strickland tapera Planet Claire sur sa caisse claire, Cindy Wilson et Kate Pierson auront plein de cheveux dans le vent et Fred Schneider nous dira de nous méfier de la grosse chose «swimming round and round like the deadly hand of a radium clock» dans le «botomless blue pool» de Private Idaho. Imaginez ça, les B-52s en surboum d'été! Pensez! Dance this Mess Around, à grandeur du site!

«J'en frétille!», s'exclame le Fred en question au bout du fil, quelque part à Santa Monica. «Une grosse foule, vous croyez vraiment? It's gonna be wild... We're soooooo ready for this shindig!» Et Fred d'évoquer le tout premier spectacle du groupe, en 1977 au légendaire Max's Kansas City: «Il y avait 17 personnes, dont Lux [Interior] et [Poison] Ivy des Cramps, bouches bées.» Se souvient-il des B-52s à Montréal? «On est venus une fois, non?» Oui, mais il y a débat concernant le lieu et la date. Johanne Bougie du FIJM dit qu'elle a vu les B-52s au Pretzel enchaîné de la rue Clark en 1980. Selon le dénommé Tchenss, sur son site qui fournit la liste de tous les spectacles vus à vie, c'est au même endroit, mais très précisément le 13 octobre 1979. Le collègue Rezzonico dit: 1980 à la place des Nations. «Je me souviens surtout que je n'ai aucun souvenir de cette ville», relativise Schneider.

Ce coup-ci, il sera servi. Le coeur de la ville sur un plateau. En cadeau d'anniversaire. Ce 4 juillet, Fred aura 60 ans depuis trois jours. «Me parlez pas de ça! Je suis frais comme une fleur.» Coquetterie dans le ton. «Il n'y a personne comme nous, c'était vrai en 1980, c'est encore vrai. Nous sommes la machine à voyager dans le party!» Indéniablement, les B-52s ne sont pas tuables. «Nous sommes les zombies de l'histoire du rock!» Il aime les one-liners, le Fred. Vrai, leur retour en force de 1989, après la première vague new wave de la fin des années 70, était déjà un bel exploit: le vidéoclip de Love Shack avait tourné comme un satellite en folie autour de la planète Claire. L'irrépressible Funplex, sorti en 2008, a relancé de plus belle les B-52s. On en redemande, dans les soirées corpo, dans les fêtes de richissimes boomers et dans les festivals. «On ne sait pas comment arrêter cette machine infernale! It's madness! Total madness! C'est un monstre!»

Culture kitch-cool psychotronique

Fred se réfère constamment aux films de science-fiction des années 50. Pas surprenant que son groupe-pour-le-plaisir s'appelle The Superions. «C'est de l'électro. Du délire avec des sons.» Les B-52s sont nés de cette culture kitch-cool psychotronique, qui nous a aussi donné John Waters et son Polyester en odorama. «C'est une culture de gens fauchés qui ont du goût. Kate et Cindy achetaient leurs fringues sixties dans les friperies, Ricky [Wilson, le guitariste mort des suites du sida en 1985, à 32 ans] avait une guitare achetée chez Sears. C'était notre esthétique: cheapo de luxe.»

En février dernier, les B-52s ont célébré leurs 34 ans de carrière à Athens, leur bled de Géorgie (qui est aussi le bled de R.E.M.). «C'était bien, mais pas pour moi: je me remettais d'une opération. Pour une hernie. Ouch!» Un CD-DVD de l'événement est en préparation. «Quand on a fêté nos 25 ans, continue-t-il, c'était vraiment fabuleux. Yoko Ono est venue chanter Rock Lobster.» Feu Lennon aurait été fier: en 1980, enthousiasmé par le son des B-52s qui lui rappelait les expérimentations de Yoko, le Beatle retraité avait décidé de se remettre au rock. «Nous avons deux grandes fiertés: John Lennon nous a cautionnés et nous avons participé à notre propre parodie dans les Simpson!» J'ajoute: récemment, une question dans le jeu-télé Jeopardy portait sur les B-52s. «Now that's reaaaaally cool. Le concurrent a gagné, au moins?»
1 commentaire
  • aWc - Abonné 4 juillet 2011 11 h 58

    1980 à Montréal

    C'est Rezzonico qui a raison: été 1980, Place des Nations. J'y étais. le concert était organisé par CKGM et fut mémorable. J'ai aussi vu les B52s dans les années
    '90 à l'université du Vermont.
    Dois-je préciser qu'il NE FAUT ABSOLUMENT PAS RATER CE CONCERT?