Prince au Métropolis - L'Artiste du groove, et des rappels!

L'aisance de Prince sur scène fascine: sa façon de bouger, de danser, d'arpenter la scène pour mettre en valeur ses musiciens, tout témoigne d'un gigantesque talent et d'une parfaite connaissance des rouages du métier. La dégaine de superstar, il maîtrise. Et utilise à bon escient.  
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir L'aisance de Prince sur scène fascine: sa façon de bouger, de danser, d'arpenter la scène pour mettre en valeur ses musiciens, tout témoigne d'un gigantesque talent et d'une parfaite connaissance des rouages du métier. La dégaine de superstar, il maîtrise. Et utilise à bon escient.  

La question était simple: «Is this the funkiest band in the world? Am I in the funkiest city?», a demandé Prince à la foule quelque part dans un concert-marathon à inscrire directement dans les annales du festival. En sortant du Métropolis en plein milieu de la nuit, la réponse semblait tellement évidente: cher Prince, oui.

Si on a lu des masses d’articles sur les caprices de l’Artiste et son imprévisibilité, tout a été démenti vendredi soir et samedi matin. Il a bien sûr boudé la petite rencontre de presse qui devait précéder le spectacle, mais c’était visiblement pour garder toutes ses forces pour un concert qui s’est étiré de 23h30 à 3h30 (on a quitté le navire une heure avant la fin).

Un concert donné sans répit, un immense groove de quatre heures, avec un Prince souriant complètement investi dans la tâche de mettre en transe 2000 spectateurs qui avaient payé une petite fortune (175 $) pour l’entendre et le voir dans un cadre «intime» — alors que le gars remplit des stades en claquant des doigts.

Prince a mis les choses au clair dès la première pièce: «We’re here to get funky!». Et de fait, c’était furieusement funk derrière, avec des touches de soul et quelques intermèdes ballades qui se terminaient invariablement dans la même puissance rythmique.
Sur scène, un groupe canon: huit musiciens et choristes au total, dont le grand saxophoniste funk Maceo Parker (James Brown), qui, à 70 ans, souffle encore comme un parfait jeunot surdoué dans son instrument. Complet-cravate-mouchoir de soie, la classe. Prince était pour sa part vêtu d’une chemise mi-cuisse ouverte sur un collier spectaculaire et agrémentée de quelques paillettes scintillantes: on était loin du gars qui choisit son costume de scène trois minutes avant de quitter la maison. Un spectacle, c’est un tout.

Il y a l’attitude, aussi. L’aisance de Prince sur scène fascine: sa façon de bouger, de danser, d’arpenter la scène pour mettre en valeur ses musiciens, tout témoigne d’un gigantesque talent et d’une parfaite connaissance des rouages du métier. La dégaine de superstar, il maîtrise. Et utilise à bon escient. 

Au final, on va parler d’une sensualité électrique. Partout. Dans les nombreuses improvisations (les pièces pouvaient s’étirer sur une quinzaine de minutes), dans cette assise rythmique tellement funk et grasse et précise, dans le discours de Prince à la guitare... Parce qu’il a été géant là aussi, avec cette fluidité, cette puissance, cette imagination stylistique, ce sens du riff assassin. Le plus fondamentalement Hendrix des guitaristes, peut-être bien, si l’on parle de relation avec l’instrument.

Et puis quoi encore? Un peu tout. C’est le genre de spectacle où toutes les particularités se fondent en un seul grand bloc qui laisse un peu pantois, et certainement heureux. On oublie les réserves momentanées devant l’ampleur du résultat final. Belle façon de commencer ce FIJM, le poing en l’air et pleine vapeur dans le funk.


1 commentaire
  • - Inscrite 25 juin 2011 20 h 56

    O u f !

    Prenante, cette video. Quel artiste!