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Bernard Adamus aux FrancoFolies - La beauté de la démesure

Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir

Gros contrat pour Bernard Adamus. La Place des festivals à lui tout seul. Pas tout à fait tout seul en fait. Plutôt bien entouré même, avec Fred Fortin, Marie-Pierre Arthur et Gatineau sur cette grande scène de la rue Jeanne-Mance. On pouvait trépigner d’impatience, même si quelques pépins techniques se sont invités à la soirée.

On comprendra tout de même le principal intéressé, qui s’était dit un brin nerveux à l’approche du Jour J. La bande à Adamus, solide, a surtout donné dans les salles aux dimensions plus modestes. Allaient-ils sonner avec autant d’aplomb? On l’a vu l’été dernier, du sous-sol de l’église de Tadoussac à la scène du Festival de la poutine de Drummondville, en passant par les maisons de la culture et les parcs de Montréal. On l'a vu prendre du galon tout en conservant cette belle humilité. Celle des grands.

Et oui, il a assuré, avec sa mosaïque musicale, devant une foule dense, de Maisonneuve à Saint-Catherine. En ouverture, audacieux, il avait choisi de faire résonner La brise. Belle audace, Bernard. Démesuré, l’Adamus. Il l’habitait déjà, cette scène. Et puis patatrac, Cauchemar de course. On était parti.

«C’est quasiment gênant», a-t-il lancé juste après. Heureux. Parce qu’il ne l’a pas toujours eu facile, Adamus. Il le méritait d’autant plus. Et elle assure, sa joyeuse bande, section de cuivres bonifiée pour l’occasion. Et on peut le dire, l’album est bon, oui. Très bon même. Mais pour l’entendre, tel qu’il est, avec tout le panache, il faut le voir sur scène. Ça tombe bien, puisqu’il fait de la tournée tout l’été, avant de s’accorder le temps d’accoucher du second album. On imagine d’ailleurs la pression.

Et il n’était pas seul. Marie-Pierre Arthur s’est pointée à point nommé. Un beau duo pour Pourquoi, une pièce qui sied très bien aussi au grand gaillard d’origine polonaise. Et avec Fred Fortin? On a eu droit à Dérape, entre autres. Mais on en aurait pris davantage. La faute au spectacle d’à peine 1h30 où chaque minute était comptée ? Assez de temps tout de même pour offrir les plus connues, Brun (la couleur de l’amour) et La question à 100 piasses.

On a surtout adoré Rue Ontario, notre hymne national dédié à une artère, à un quartier mal-aimé, ce bon vieux Hochelaga-Maisonneuve. Avec la gang de Canailles, belle réunion scénique. Jamais autant mis en musique, la rue Ontario, à grands renforts d’effets lumineux. Moins pris, cependant, dans la «vibe» de Gatineau. Mais une version béton du Cimetière, avec Taï Nguyen. Le son Adamus, c’est aussi en bonne partie lui, à la guitare ou au banjo. Et une belle finale avec Acapulco, Adamus seul sur scène, avec sa guitare et son harmonica.

Bref, pour résumer, si ce n’était que de la musique qui se forge ici, le Québec aurait de beaux jours devant lui.
1 commentaire
  • hekpazo jacqueline - Inscrite 19 juin 2011 20 h 43

    Rue Ontario!

    Allez, on y va pour un p'tit tour rue Ontario en compagnie de Bernard Adamus!

    http://www.youtube.com/watch?v=II4dncWa4-Q

    Bravo Bernard!
    Jacqueline Hekpazo