Claude Léveillée est mort

Claude Léveillée en 2006, alors que les FrancoFolies de Montréal lui rendaient hommage. <br />
Photo: Jacques Grenier -Le Devoir Claude Léveillée en 2006, alors que les FrancoFolies de Montréal lui rendaient hommage.

Frédéric est orphelin: l'auteur-compositeur-interprète Claude Léveillée est mort ce matin, à l'âge de 78 ans. Un des plus grands noms de la chanson québécoise, auteur de premier plan de la grande génération des auteurs-compositeurs des années 60, Claude Léveillée avait connu une riche carrière, également comme comédien, et il a laissé à la chanson québécoise des titres immortels comme Frédéric, Les Vieux Pianos ou La Légende du cheval blanc.

Né le 16 octobre 1932 à Montréal, Claude Léveillée apprend à pianoter dès qu’il est en âge de se tenir sur un tabouret. Le piano demeurera son instrument fétiche toute sa vie.

Même s’il se met très tôt à l’écriture de chansons, sa carrière prend son envol dans les années 1950 à titre de comédien, dans les émissions pour enfants à la télévision.

À l’époque, les chanteurs trouvent peu d’endroits où se produire. Avec d’autres — Hervé Brousseau, Jean-Pierre Ferland, Clémence DesRochers et André Gagnon —, il fonde donc, en 1959, le groupe Les Bozos (dont le nom fait référence à une chanson de Félix Leclerc) et fait connaissance avec la scène dans la boîte Chez Bozo.

Mais il n’aura pas beaucoup de temps pour apprivoiser son nouveau métier: dans la salle du Bozo un soir de cette année-là se trouve une figure légendaire de la chanson française, Edith Piaf. Elle lui propose de l’accompagner à Paris où il pourrait lui écrire des chansons, ce qu’il fit, pratiquement séquestré pendant des mois dans l’appartement de la célèbre chanteuse. Il lui offre Boulevard du crime et Les Vieux Pianos, notamment. En 1990, le cinéaste Jean-Claude Labrecque a d’ailleurs immortalisé sa période «Piaf» dans un film intitulé 67 bis, boulevard Lannes.

Il revient au pays en 1961 et fait la rencontre de Gilles Vigneault, avec qui il écrira plusieurs chansons, dont Le Rendez-vous. L’année suivante, il enregistre le premier d’une longue série d’albums et de succès: L’Étoile d’Amérique, La Scène, La Légende du cheval blanc, etc.

C’est en 1963 qu’il crée un de ses classiques, Frédéric. Sa consécration grandit de jour en jour et, l’année suivante, il devient le premier Québécois à se produire à la Place des Arts, à Montréal.

Musicien prolifique — il a enregistré des dizaines d’albums —, Claude Léveillée est aussi l’auteur (avec Louis-Georges Carrier) de sept comédies musicales, et il a composé la musique d’un nombre incalculable de téléthéâtres (dont Des souris et des hommes), de téléséries (Scoop) et de films (dont Quelques arpents de neige, de Denis Héroux, en 1972).

Son talent a été reconnu à l’échelle internationale et, au cours de sa carrière, il effectuera plusieurs tournées à l’étranger, surtout en Europe.

Parmi les moments forts de sa carrière, notons l’édition 1976 de la Fête nationale à Montréal, alors qu’il fait partie des «cinq grands», avec Gilles Vigneault, Jean-Pierre Ferland, Robert Charlebois et Yvon Deschamps, spectacle immortalisé dans l’album Une fois cinq.

Les années 1980, 1990 et 2000 seront plus calmes au plan de la création musicale, mais il demeure toujours actif et continue à donner des spectacles. En juillet 2003, il avait participé aux FrancoFolies de Montréal et il était d’un spectacle-hommage à Jacques Brel, au Festival d’été de Québec. Il avait aussi enregistré un album regroupant ses plus grands succès, Mes immortelles, je vous les confie.

En 2004, il devait faire partie de la distribution de la comédie musicale Don Juan, mais est forcé de se retirer quelques mois plus tard pour des raisons de santé. Coup sur coup, Claude Léveillée a été foudroyé par deux hémorragies cérébrales, survenues dans un court intervalle.

Il avait par la suite réduit considérablement la cadence. Plusieurs hommages lui ont ensuite été consacrés par la colonie artistique. Des spectacles ont aussi été organisés afin d’amasser des fonds pour l’aider à défrayer les soins de santé nécessaires à son mieux être.

Parallèlement à sa carrière musicale, Claude Léveillée n’a jamais renoncé à son côté comédien. Dans les années 1960, il a joué dans plusieurs téléromans et téléthéâtres. Il avait aussi, en 1965, avec Yvon Deschamps et Paul Buissonneau, fondé le Théâtre de Quat’Sous, à Montréal, dans une ancienne synagogue.

Au petit écran, il a incarné un magnat de la presse dans la série télévisée Scoop, ainsi qu’un ancien professeur à la santé mentale fragile dans Tabou.

Il a tenu aussi quelques petits rôles au cinéma. Il a été fait Officier de l’Ordre du Canada en 1997, puis l’année suivante, chevalier de l’Ordre national du Québec.

15 commentaires
  • ysengrimus - Inscrit 9 juin 2011 11 h 05

    Le vieux...

    "Le vieux prend un coup de vieux
    Et tout ça fait des vieux..."

    Tant pis. Il nous fera toujours nous foutre du monde entier quand Frédéric...
    Paul Laurendeau

  • Christian Montmarquette - Abonné 9 juin 2011 11 h 09

    Salut Cloclo !

    .

    Quelle triste nouvelle que celle du départ de Cloclo, cet attachant personnage de l'émission jeunesse «Domino» de mon enfance à Radio-Canada.

    Un grand musicien, doublé d'un grand interprète, qui a composé une des plus belle chanson du Québec.

    - Salut Cloclo !

    «Mon pays» - Claude Léveillée :

    http://www.youtube.com/watch?v=YEgW9G8K5aM

    .

  • Daniel Lambert - Inscrit 9 juin 2011 11 h 09

    Merci CLaude

    Sur un beau cheval blanc, tu t'es envolé...


    Merci, mon cher Claude, pour toutes ces chansons qui ont tant apporté en beauté et en qualité à la musique québécoise.

    Repose en paix.

  • f.georges - Inscrit 9 juin 2011 11 h 37

    Merci C.Léveillée

    Que de doux moments vécus grâçe à vos merveilleuses chansons

    (Je n'ai jamais pris la mer ,sans jamais t'emmener avec moi ,mon
    amour.Le temps d'une chanson...)Elle demeure ma préférée.

    Bonne Traversée...

  • Du Caurroy - Inscrit 9 juin 2011 11 h 48

    Quelle tristesse...

    Je ne l'avais pas revu depuis une trentaine d'années... mais j'ai l'impression de perdre un vieil et très intime ami.