Le tango de prestige

Romulo Larrea cumule 50 ans de carrière, dont 30 au Québec.<br />
Photo: Denis Beaumont Romulo Larrea cumule 50 ans de carrière, dont 30 au Québec.
Après 50 ans de carrière, dont 30 au Québec, il s'arrêtera demain soir à l'Outremont avec son ensemble et offrira Pleins feux sur le tango, un spectacle empreint, comme presque toujours, de musique, de chant et de danse.

Ils seront 14 artistes sur scène: un trio de base composé de bandonéon, piano et contrebasse, en plus du quatuor à cordes, de trois couples de danseurs de New York et de la chanteuse Veronica Larc. «En général, le chant est un peu négligé dans ce genre de concert. Je veux démontrer que, tout comme la musique, il s'associe très bien à la danse», explique le pionnier du tango d'ici. S'il est d'abord musicien, il conçoit le tango comme un art global.

Après s'être associé à la fondation de Tango X 4 et de Quartango dans les années 1980, il a insufflé la musique de chambre à son art et créé son ensemble il y a deux décennies, après que le grand Astor l'eut appuyé dans cette direction. Depuis dix ans, il se produit avec plus d'une douzaine de musiciens. La formule à plus grand déploiement n'avait pas convaincu Piazzolla, mais avec les années, Larrea est néanmoins parvenu à mener sa barque, se produisant même au Town Hall sur Broadway.

«Actuellement, Pleins feux sur le tango est la plus importante production indépendante du genre à être diffusée au Canada et aux États-Unis, affirme fièrement Larrea. Il s'agit de notre production la plus complète et la plus raffinée. Si nous reprenons des classiques de Gardel, Piazzolla, Arolas, Bardi ou Troilo, nous abordons également des pièces moins connues.»

Tangos, milongas et valses se déclineront en de nombreuses variations: valses chantées ou dansées, moments énergiques de haute tension ou plus lents pour la respiration. Et la signature de Larrea devrait être perceptible, les principales composantes en étant le classicisme et le travail de mémoire, aussi bien que le sens mélodique, le lyrisme, la gravité et la grâce naturelle. Des qualités que le tanguero s'apprête à faire valoir de nouveau au Town Hall à la fin du mois, prêt à viser l'Europe dans un avenir très rapproché.

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Collaborateur du Devoir