Caroline Planté et Mariano Cruceta - Le retour de l'enfant prodigue et la découverte madrilène

À Montréal, Caroline Planté réserve avec Mariano Cruceta quelques pièces de 8 Reflexiones, d’autres plus anciennes et beaucoup d’impro.<br />
Photo: Paco Garcia Pacolega À Montréal, Caroline Planté réserve avec Mariano Cruceta quelques pièces de 8 Reflexiones, d’autres plus anciennes et beaucoup d’impro.

Elle, Caroline Planté, guitariste et compositrice de flamenco, a connu tous les recoins de la scène montréalaise avant d'aller s'installer à Séville, puis à Madrid où elle est devenue directrice musicale de la compagnie Cruceta Flamenco.

Lui, Mariano Cruceta, Madrilène, chorégraphe, danseur et percussionniste de renom, développe le langage très ouvert d'un art total. Ensemble, ils ont conçu le splendide album 8 Reflexiones de Caroline. Et parallèlement à la troupe de danse, ils viennent retrouver demain soir leurs amigos montréalais pour partager leurs confidences au Lion d'Or.

Associé à la nouvelle génération qui succède au Nuevo flamenco de la période de Ketama, Mariano Cruceta est reconnu pour sa vision sans contrainte, ayant intégré depuis les dix ans d'existence de sa troupe, musique cubaine, jazz, hip-hop et électro, aussi bien dans ses chorégraphies que dans sa musique. «Le flamenco est une rythmique et une sonorité. Si les trois éléments de base que constituent le chant, la danse et la percussion sont nécessaires, rien n'empêche d'intégrer d'autres instruments. Je pense que dans son processus de création, l'art doit contenir une liberté absolue.»

Ancien premier danseur de troupes célèbres comme celles de Blanca del Rey, Rafael de Cordova, Mariemma ou Luisillo, Cruceta a profondément intégré les fondements de son art. Mais son parcours s'est transformé au cours des années 2000. «Auparavant, le flamenco était plus narratif et les oeuvres très théâtrales avec des références à des lieux précis. J'ai fini par chercher une lecture plus poétique pour que les choses ne soient plus aussi claires. Cela nous guide vers des productions plus intimes.»

Très influencée par Paco de Lucia et Vincente Amigo, Caroline Planté considère pour sa part que la porte de l'expérimentation est plus ouverte en musique qu'en danse. Son disque 8 Reflexiones en est un parfait exemple. Elle serait la première femme à avoir entièrement composé et interprété un disque de flamenco. La sensibilité au bout des doigts, la déchirure fluide dans la mélodie, très flamenca dans son approche, elle ne se contente pas des palos les plus faciles et s'entoure même de grands cantaors comme Duquende et Rafael Jiménez Falo.

Mais elle intègre aussi le jazz avec vibraphone et saxo, de même que des touches de rap et de programmation. «Lorsque je compose, je ne pense pas à un rythme particulier. Puis, quand le thème se précise, Mariano m'accompagne au cajon ou aux palmas et me donne des idées. Puis, on veut tout intégrer. Mais depuis la parution du disque, on essaie d'être deux en spectacle», précise-t-elle.

À Montréal, elle réserve avec Mariano quelques pièces de 8 Reflexiones, d'autres plus anciennes et beaucoup d'impro. Avec le chanteur Marcos Marin, le percussionniste Miguel Medina, le bassiste flamenco Bob Benson, qui gratte les cordes comme un guitariste, et Kristin Molnar, une violoniste qui joue avec ses tripes.

Caroline Planté et Mariano Cruceta: Invernadero (Seguirilla)


Collaborateur du Devoir