La Plume sensible de Karim Ouellet

Le lancement du disque derrière lui, Karim Ouellet entame la phase 2 de son projet solo: les spectacles.
Photo: Jean-François Leblanc - Le Devoir Le lancement du disque derrière lui, Karim Ouellet entame la phase 2 de son projet solo: les spectacles.

Karim Ouellet nous a bernés. On pensait que son premier disque solo serait fait d'un hip-hop proche de celui de son collectif Movèzerbe, ou alors dans les parages de CEA, autre groupe de la capitale avec qui il collabore. Pas du tout, ou si peu. Il y a bien une légère trame rap sur Plume, mais le grand musicien d'origine sénégalaise y a plutôt mêlé les cartes et mélangé soul, reggae, folk, pop et rock. Surprenant résultat, qu'on imagine bien «assis entre deux chaises», entre l'alternatif et le commercial.

Calme, éloquent, réfléchi, Karim Ouellet dégage une confiance tranquille. Une vieille âme avec un visage presque juvénile, lui qui n'a que 26 ans. Enfant, il a parcouru le monde, suivant avec sa famille son père qui travaillait dans des ONG. Le Sénégal, la Tunisie, le Rwanda, la France et finalement le Québec. La musique le suit depuis longtemps, et c'est d'abord à la guitare qu'il compose et s'exprime.

Pour un premier disque solo, Plume évite le piège du melting pot. L'album a un esprit de corps évident malgré les nombreuses influences perçues. Ouellet explique cela entre autres par le fait que tout le disque s'est fait avec ses deux amis Claude Bégin (Accrophone) et Thomas Gagnon-Coupal (Les 2 Tom). «Je composais au fur et à mesure de l'enregistrement, ç'a été super spontané. Mais le fait de l'avoir réalisé à trois, entre amis, et toujours au même endroit, je crois que ça donne une ligne directrice à ce qu'on faisait. On est des gars qui se connaissent tellement bien, qui font de la musique ensemble depuis des années. Et il y a le thème aussi. Ce sont des chansons qui parlent beaucoup d'amour.»

Un disque pavé d'amour, donc. Plutôt de son absence ou de ses aléas. «Une goutte d'eau dans l'océan, un coup d'épée dans l'air / L'ouragan passe et qu'est-ce qu'on va ben faire», chante-t-il sur Catastrophe. D'une voix au vaste registre, le fan de Bon Iver et de Jérôme Minière opte pour un ton plutôt pop, à fleur de peau. À l'instar d'Alex Nevsky, avec qui il a déjà partagé la scène du Festival international de la chanson de Granby, Karim Ouellet ne joue pas les durs à cuire. «Ce sont des tounes assez personnelles. Je me suis demandé si c'était redondant d'en parler autant, même si ce n'était pas tout à fait un choix. Je me suis dit: advienne que pourra, c'est ce que j'ai le goût d'écrire, le goût de faire, pis d'essayer de dire.»

Le lancement du disque derrière lui, Karim Ouellet entame la phase 2 de son projet solo: les spectacles. Déjà, il sera participant aux Francouvertes le 14 mars, mais il aimerait pouvoir promener un peu partout les chansons de Plume. «À la base, c'est dur de reproduire le disque à trois musiciens, comme on l'a fait au lancement. Mais une fois qu'on l'assume en trio, ça passe aussi bien, et ça donne une vie un peu différente aux chansons, raconte Ouellet. Mais je veux retourner en répétition pour monter un spectacle qu'on va essayer de faire rouler et qui va être à peu près toujours le même. Je dirais idéalement une batterie, moi à la guitare, une basse, un clavier, et un ou deux choristes de plus. Pour un spectacle dans un festival, on va peut-être s'en permettre plus, comme il se pourrait que pour un spectacle dans un bar on revienne à la formule trio.»

Karim Ouellet: La la la